Soudan : le nombre d’enfants détenus à el-Fasher parmi des milliers de captifs

Au Soudan, des milliers de personnes restent détenues à el-Fasher, dans l’ouest du pays, selon une organisation locale. La situation concerne des civils, des médecins et des militaires retenus dans plusieurs sites de détention, alors que les combats entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (RSF) se poursuivent depuis avril 2023.

D’après Al Jazeera, le Sudan Doctors Network a indiqué lundi que 20 médecins, plus de 1 470 civils et 907 militaires sont détenus dans des conditions décrites comme « désastreuses ». L’ONG affirme que ces personnes sont réparties dans plusieurs centres de détention de la ville, notamment la prison de Shalla, un hôpital pour enfants et des conteneurs de marchandises.

Dans son communiqué, le réseau accuse les RSF de commettre de « graves violations » à l’intérieur de ces lieux, notamment des morts lors de séances de torture et d’interrogatoire, ainsi que des tueries à motivation ethnique. Le groupe précise que 370 femmes et 426 enfants figurent parmi les personnes retenues. Il affirme également que des captifs blessés lors de bombardements ne reçoivent pas de soins médicaux et évoque des abus comprenant des exécutions sommaires sur le terrain.

Le Sudan Doctors Network signale aussi une flambée de choléra dans ces centres depuis le début du mois de février. Selon l’organisation, les mauvaises conditions sanitaires, le manque d’eau potable et la malnutrition favorisent la propagation des maladies. L’arrestation des médecins, ajoutée à une pénurie jugée critique de fournitures médicales, a aussi affaibli le secteur de la santé dans la zone.

Comme l’indique Al Jazeera, il n’y avait pas de réaction immédiate des RSF à ce rapport. Jusqu’à sa prise par les paramilitaires fin octobre, el-Fasher était le dernier bastion de l’armée soudanaise dans la vaste région du Darfour. En février, des experts soutenus par l’ONU avaient déjà estimé que les actions menées par les RSF contre des communautés non arabes dans et autour de la ville présentaient des éléments renvoyant à un génocide.

La population civile reste par ailleurs exposée aux combats. Lundi, le groupe soudanais de défense juridique Emergency Lawyers a rapporté qu’une frappe de l’armée soudanaise sur le camp de déplacés de Hamidiyah, près de Zalingei, capitale du Darfour central, a fait six morts et des dizaines de blessés. Selon cette organisation, plusieurs habitations ont été détruites dans ce camp qui accueille des milliers de déplacés, principalement des femmes et des enfants ayant fui les affrontements.

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