Rapport de l’ONU sur la Syrie : L’entité écran spécifiquement utilisée par l’EI pour mener cinq tentatives d’assassinat au sommet de l’État

Un document du Bureau de lutte contre le terrorisme des Nations Unies, publié mercredi, met en lumière la persistance de la menace djihadiste en Syrie. Alors que la transition politique s’organise, le rapport détaille une série d’attaques déjouées visant directement le président Ahmed al-Sharaa, orchestrées via un stratagème opérationnel destiné à masquer les véritables commanditaires.

Selon les informations relayées par Al Jazeera, cinq projets d’assassinat ont ciblé, au cours de l’année écoulée, le chef de l’État syrien ainsi que son ministre de l’Intérieur, Anas Hasan Khattab, et son ministre des Affaires étrangères, Asaad al-Shaibani. Si l’ONU ne précise pas les dates exactes de ces opérations manquées, le rapport indique qu’elles se sont déroulées dans la province septentrionale d’Alep et dans celle de Deraa, au sud du pays.

L’enquête onusienne identifie formellement les auteurs comme appartenant à un groupe se faisant appeler « Saraya Ansar al-Sunnah ». Pour les experts du contre-terrorisme, cette entité n’est autre qu’une façade de l’État islamique (EI). Cette utilisation d’une organisation écran offre aux combattants une « capacité opérationnelle améliorée » tout en garantissant une « possibilité de déni plausible » à la direction centrale du groupe terroriste.

Ces tentatives confirment, selon l’ONU, que l’EI exploite activement les vides sécuritaires pour déstabiliser la nouvelle administration d’Ahmed al-Sharaa. Ce dernier, ancien dirigeant du groupe armé Hayat Tahrir al-Sham, a pris la tête du pays après la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, mettant fin à quatorze années de guerre civile.

Bien que privé de base territoriale, l’État islamique maintient une présence souterraine significative. Les estimations de l’ONU font état d’environ 3 000 combattants répartis entre l’Irak et la Syrie, la majorité étant basée sur le sol syrien. La dangerosité de ces cellules dormantes a été illustrée le 13 décembre 2025 près de Palmyre, lors d’une embuscade ayant coûté la vie à deux militaires américains et un civil. En réponse, le président américain Donald Trump a ordonné des opérations militaires visant à éliminer les combattants de l’EI dans la région.

La situation sécuritaire reste également tributaire du sort des milliers de détenus. Au mois de décembre, plus de 25 740 personnes, dont 60 % d’enfants, se trouvaient encore dans les camps d’al-Hol et de Roj, dans le nord-est de la Syrie. Face à cette crise, l’armée américaine a débuté fin janvier le transfert de détenus de l’EI vers l’Irak, Bagdad s’étant engagé à assurer leur détention et leur jugement.

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