La situation sécuritaire au Soudan du Sud préoccupe de nouveau les instances internationales. La Mission des Nations Unies dans le pays (MINUSS) a émis, ce dimanche, une alerte sérieuse concernant l’évolution des tensions dans l’État de Jonglei. Alors que les accords de paix de 2018 sont censés régir la transition, des informations remontant du terrain font état d’une implication directe de la hiérarchie militaire dans l’aggravation des violences.
Selon nos informations, basées sur un communiqué officiel relayé par l’agence Anadolu, l’inquiétude de l’ONU se cristallise autour d’un incident précis : un haut responsable militaire aurait explicitement exhorté ses troupes à mener des attaques ciblées contre des civils. Cette directive, si elle est confirmée, constituerait une violation flagrante des engagements pris par les parties au conflit.
Graham Maitland, chef par intérim de la MINUSS, a qualifié cette rhétorique d’« incendiaire » et d’« odieuse », exigeant son arrêt immédiat. Pour l’organisation internationale, de tels appels à la violence contre les populations, y compris les plus vulnérables, sapent les efforts de stabilisation en cours. M. Maitland a rappelé aux dirigeants sud-soudanais l’impératif de placer l’intérêt de la population au premier plan, ce qui implique un retour à une prise de décision consensuelle et le respect strict du partage du pouvoir.
Les conséquences humanitaires de ces tensions sont déjà lourdes. La MINUSS rapporte que plus de 180 000 personnes ont été déplacées dans le Jonglei. Les communautés locales subissent des « dommages immenses » dus à l’intensification des combats entre les signataires de l’accord de paix. Malgré les réaffirmations d’engagement pour la paix par les leaders politiques, les violations du cessez-le-feu perdurent sur le terrain.
Ce regain de tension s’inscrit dans un contexte politique fragile pour le plus jeune État du monde, indépendant depuis 2011. Le pays est marqué par une instabilité chronique depuis le conflit éclaté en 2013 entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar. Récemment, en février, une milice nommée « White Army » a pris le contrôle d’une localité dans l’État du Haut-Nil, entraînant en riposte l’arrestation de plusieurs généraux et ministres affiliés au mouvement d’opposition de M. Machar (SPLM-IO). Ces derniers font face à des accusations graves, allant de la trahison aux crimes contre l’humanité.