Soudan : 28 morts sur un marché, une organisation locale brise le silence sur l’origine des tirs

Le conflit qui déchire le Soudan depuis plus d’un an vient de franchir un nouveau palier dans la violence contre les civils. Dans la région du Kordofan du Nord, une attaque aérienne a transformé un lieu de vie quotidienne en scène de carnage, suscitant une vive réaction des observateurs locaux.

Le drame s’est noué dimanche dans la ville de Sodari, située à environ 230 kilomètres au nord-ouest d’el-Obeid. Alors que l’activité battait son plein au marché al-Safiya, des missiles tirés par des drones se sont abattus sur la foule. Selon les informations relayées par Al Jazeera, le bilan provisoire fait état d’au moins 28 morts et de dizaines de blessés.

Le groupe « Emergency Lawyers », qui documente les violences contre les civils dans le pays, a rapporté ces faits lundi dans un communiqué. L’attaque a surpris les habitants à un moment où le marché était bondé, touchant indifféremment femmes, enfants et personnes âgées. L’organisation souligne que cette frappe « exacerbe la tragédie humanitaire » dans une zone où les routes commerciales du désert se croisent.

Une responsabilité contestée

Au-delà du bilan humain, la question de l’origine des tirs cristallise les tensions. Dans sa déclaration sur la plateforme X, le groupe d’avocats a explicitement attribué la responsabilité de ces frappes à l’armée soudanaise, dénonçant un « mépris grave pour la vie civile ». Ils exigent un arrêt immédiat de l’utilisation de drones dans les zones peuplées par les deux parties au conflit.

Cette accusation a été rejetée par des sources militaires. S’exprimant sous couvert d’anonymat auprès de l’agence Associated Press, deux officiers ont nié toute implication, affirmant que l’armée ne cible pas les infrastructures civiles.

Le Kordofan, nouvel épicentre des affrontements

Cette attaque s’inscrit dans une détérioration rapide de la sécurité au Kordofan du Nord. Cette région charnière, riche en or et en pétrole, est devenue la ligne de front la plus violente entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR). Les paramilitaires tentent depuis des mois d’encercler la capitale régionale, el-Obeid, pour consolider leur emprise sur l’axe ouest-est du pays.

La semaine dernière, une attaque similaire près de la ville de Rahad avait déjà coûté la vie à 24 personnes, dont huit enfants, confirmant la vulnérabilité croissante des populations civiles prises en étau. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le conflit a causé la mort d’au moins 40 000 personnes depuis avril 2023, bien que les organisations humanitaires estiment que le bilan réel pourrait être nettement plus lourd.

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