Sonko-Diomaye : Ibrahima Thiam dénonce l’usage de l’Assemblée comme arme politique

Le président du parti ACT, Ibrahima Thiam, met en cause les tensions entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, estimant qu’elles risquent d’avoir un coût pour l’économie sénégalaise. Sa prise de position sur la guerre d’ego appelle les deux responsables à faire prévaloir leurs devoirs institutionnels.

Cette crise politique met aussi à l’épreuve un espoir auquel de nombreux Sénégalais ont lié leur engagement : celui d’un pays développé par sa jeunesse. Le projet porté par les deux hommes s’est accompagné d’un lourd coût humain, avec plus de 80 morts, des personnes handicapées ou emprisonnées, et d’autres exclues de leur lieu de travail ou marginalisées pour leur adhésion à ce projet. Une rupture au sommet risque ainsi d’ébranler bien davantage que les équilibres politiques.

Dans sa déclaration, relayée par Exclusif, Ibrahima Thiam reproche à Ousmane Sonko de transformer, selon lui, l’Assemblée nationale en moyen de pression sur le chef de l’État. Il reconnaît que le président de l’institution peut contester ou s’opposer dans le cadre démocratique, mais juge qu’un blocage ou une paralysie ne servirait pas la population. Les signes de fracture dépassent d’ailleurs les deux dirigeants : le député Cheikh Bara Ndiaye a publiquement déclaré « Nous suivons Ousmane Sonko, pas lui », en s’en prenant à Bassirou Diomaye Faye.

Ibrahima Thiam soutient que les marchés financiers observent la cohérence de l’État, sa capacité à mener des réformes et sa stabilité. Si les tensions politiques alimentent l’incertitude, prévient-il, les prêteurs pourraient réclamer une prime de risque, ce qui rendrait les prochains emprunts plus coûteux. Il précise toutefois que le coût de la dette dépend aussi de la situation budgétaire et des marchés mondiaux.

Le responsable d’ACT craint que des charges financières accrues réduisent les ressources disponibles pour les investissements publics, notamment dans les écoles, les hôpitaux et les routes. Il estime que les conséquences d’un affrontement prolongé ne seraient pas supportées par les seuls responsables politiques, mais aussi par les finances publiques et les citoyens.

Dans son avertissement final, Ibrahima Thiam déclare : « Il est temps que chacun en tire les conséquences. »

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