Sommet France-Afrique : ce que changerait la proposition d’un cadre Europe-Afrique

Samba Kara NDIAYE, président du Parti NADEMS, défend l’idée d’un remplacement du sommet France-Afrique par un sommet Europe-Afrique, au nom d’une relation qu’il veut « apaisée », respectueuse de la souveraineté du Sénégal et tournée vers l’avenir.

Dans ce texte adressé à IGFM, il juge que les slogans comme « France Dégage » ou « À bas la Françafrique » traduisent une colère qu’il dit légitime, mais qu’ils ne suffisent pas à répondre aux enjeux entre le Sénégal et la France. Il affirme que le sommet France-Afrique reste le symbole d’une « asymétrie persistante » et pose une question centrale : comment un seul pays pourrait-il dialoguer d’égal à égal avec tout un continent.

Sa proposition consiste à faire discuter les pays africains avec l’ensemble des pays européens, sans que la France ne serve d’intermédiaire. Dans le même mouvement, il rejette l’idée d’une rupture avec Paris. Il écrit que « la France n’est pas l’ennemi », tout en demandant une refonte des relations fondée sur le respect mutuel, la reconnaissance des torts historiques et des partenariats qu’il présente comme gagnant-gagnant.

Le texte déroule ensuite plusieurs chantiers. Sur le plan économique, Samba Kara NDIAYE plaide pour une renégociation des contrats, des accords commerciaux qu’il veut plus justes, des transferts de technologie et des investissements créateurs d’emplois locaux. Sur le plan monétaire, il estime que le débat sur leüFA est légitime, mais écarte une rupture brutale au profit d’une réforme en profondeur négociée avec les partenaires de la CEDEAO pour aboutir à une monnaie commune africaine. Sur le volet militaire, il demande des accords « clairs, transparents, et limités dans le temps » concernant la présence française en Afrique.

Il étend aussi cette refonte au domaine culturel et éducatif, en défendant la maîtrise des langues maternelles avant le français et une coopération éducative conçue comme un échange. L’auteur demande à la France de reconnaître les crimes de la colonisation, de l’esclavage et de la Françafrique, tout en appelant le Sénégal à ne pas tomber, écrit-il, dans « le piège de la victimisation ».

Le propos se conclut par un appel politique porté « au nom du Parti NADEMS et de la coalition xarnubi ». Le texte reste cohérent sur son axe principal : il ne réclame pas une rupture avec la France, mais un changement de cadre, en proposant que « le prochain sommet ne soit plus un sommet France-Afrique, mais un sommet Europe-Afrique ».

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