Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a achevé une tournée diplomatique stratégique incluant l’Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis. Au cœur des échanges : l’escalade militaire actuelle au Moyen-Orient et la redéfinition des équilibres régionaux. Face à la presse samedi à Ankara, le chef de la diplomatie a détaillé les coulisses des tractations, notamment celles de la récente réunion de Riyad.
Lors de ces consultations, les monarchies du Golfe ont exprimé leurs vives inquiétudes quant à la trajectoire du conflit. Selon l’agence de presse Anadolu, ces États estiment que les hostilités pourraient se prolonger sur deux à trois semaines supplémentaires. Face à ce risque, ils ont établi une position stricte : aucune autorisation ne sera accordée pour l’utilisation de leur espace aérien ou de leurs bases militaires en vue d’opérations dirigées contre l’Iran. Parallèlement, ces capitales ont relevé que les récentes frappes iraniennes ne se sont pas limitées aux installations militaires, touchant également des cibles économiques et des infrastructures civiles.
Du côté de Tel-Aviv, l’objectif militaire s’inscrirait dans la durée. Le ministre turc a indiqué qu’Israël chercherait à peser sur les décisions de Washington pour entraver tout cessez-le-feu à court terme, dans le but d’infliger un maximum de dégâts à Téhéran. Toutefois, les évaluations diplomatiques turques pointent vers un éloignement progressif des positions initiales entre les États-Unis et Israël.
La dynamique de ces tensions a fait l’objet d’une réunion spécifique le 19 mars à Riyad, convoquée par l’Arabie saoudite. Si l’ordre du jour unique portait sur les attaques menées par l’Iran contre les États de la région, la délégation turque a manœuvré pour élargir le prisme de la déclaration. Notre rédaction note qu’Ankara a pesé de tout son poids pour imposer l’intégration d’un point précis dans le document conjoint final : la mention explicite de la menace que représente l’expansionnisme israélien au Moyen-Orient, mettant ainsi en balance les responsabilités des différents acteurs impliqués.
À plus long terme, la diplomatie turque anticipe une restructuration des relations sécuritaires dans le Golfe. Une fois les hostilités terminées, les pays de la région pourraient exiger de nouvelles garanties de la part de l’Iran avant d’envisager un basculement vers la coopération économique. En retour, Téhéran formulerait de son côté des requêtes directes concernant la présence des bases militaires américaines établies dans la péninsule arabique.