Sept jours d’affrontements entre l’Afghanistan et le Pakistan : l’ONU chiffre l’ampleur de l’exode civil.

La frontière séparant l’Afghanistan et le Pakistan est le théâtre d’une violente escalade militaire. Depuis une semaine, des échanges de tirs d’artillerie lourde rythment le quotidien le long de la ligne Durand, poussant les organisations internationales à évaluer l’impact direct de ces affrontements sur les populations locales.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), une agence de l’ONU, a alerté mercredi sur les conséquences de cette confrontation. Les bombardements continus ont provoqué le déplacement de près de 66 000 personnes dans les régions de l’est et du sud-est de l’Afghanistan. L’agence onusienne fait également état de dommages importants sur les infrastructures critiques de la zone, avertissant que cette dynamique risque d’exacerber la vulnérabilité de communautés déjà dépourvues de ressources.

Ces tensions représentent la pire confrontation entre les deux pays voisins depuis des années. Les autorités talibanes ont déclenché cette opération la semaine dernière, en réponse à des frappes aériennes pakistanaises survenues fin février. De son côté, Islamabad justifie ses opérations par la nécessité d’empêcher des groupes armés d’utiliser le territoire afghan pour cibler le Pakistan. Un conseiller du Premier ministre pakistanais a affirmé que la plupart des centres d’entraînement visés avaient été éliminés, exigeant des preuves vérifiables que le sol afghan ne servirait plus de base arrière.

Sur le terrain, le bilan humain s’alourdit dans un contexte de guerre de communication. Le ministère afghan de la Défense annonce 110 civils tués, dont 65 femmes et enfants, ainsi que 123 blessés depuis le début des hostilités. La Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan a, pour sa part, recensé 42 décès civils. Sur le plan militaire, Kaboul affirme avoir abattu un drone pakistanais et pris le contrôle de sept postes frontaliers, estimant les pertes pakistanaises à environ 150 soldats. En face, Islamabad déclare que plus de 430 militaires afghans ont perdu la vie. Comme le précise Al Jazeera, qui couvre cette ligne de front, ces revendications croisées concernant les pertes n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.

Cette crise sécuritaire paralyse par ailleurs la réponse humanitaire. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a dû suspendre temporairement ses distributions d’urgence, affectant environ 160 000 personnes dans des districts qui souffraient déjà d’une insécurité alimentaire sévère. Dans la province de Kunar, au nord-est, les marchés sont inaccessibles. Des habitants décrivent des villages entiers, comme celui de Sirkanay, désertés par des milliers de familles, où seule une poignée d’individus reste sur place pour surveiller les habitations vides.

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