Depuis bientôt un mois, les coupures d’électricité rythment les nuits de nombreux Sénégalais. La chaleur et les moustiques compliquent le repos, tandis que des consommateurs dénoncent le coût du courant. Ces perturbations, rapporte Enqueteplus, s’inscrivent dans des difficultés d’approvisionnement qui touchent plusieurs pays membres du WAPP, le système d’échanges d’électricité d’Afrique de l’Ouest : l’organisation les attribue à une forte demande et à des contraintes de production.
Les conséquences dépassent l’inconfort nocturne. Des commerçants ferment plus tôt, des ateliers cessent de produire, des élèves révisent dans la pénombre et des malades dépendent d’un groupe électrogène. Alors que le Sénégal annonce le cloud souverain et l’intelligence artificielle, des familles doivent parfois rallumer des bougies.
Face aux coupures, la CCR dénonce un « échec patent » et réclame davantage de transparence. Le directeur général de la Senelec, Papa Toby Gaye, évoque des pannes d’équipements, des difficultés logistiques et des finances « extrêmement limitées », des contraintes qui pèsent sur la capacité de l’entreprise à assurer la continuité du service.
Les plaintes portent aussi sur le Woyofal, dont le crédit paraît s’épuiser rapidement. Papa Toby Gaye conteste l’existence d’une nouvelle grille tarifaire ces derniers mois : selon lui, le crédit diminue plus vite parce que les foyers consomment davantage de kilowattheures, et non en raison d’une nouvelle hausse des tarifs.
Le coût de production varie également selon les centrales en service. Lorsque la demande globale reste modérée, la Senelec privilégie les unités dont le prix de revient est le plus bas. Papa Toby Gaye rappelle par ailleurs que le prix de la première tranche du Woyofal a été réduit en décembre dernier.




