Comment réduire les délestages au Sénégal si les infrastructures qui transportent et distribuent l’électricité restent vulnérables ? La réponse ne dépend pas uniquement de la capacité de production. Entre les centrales et les usagers, les lignes de transport, les postes haute tension, les transformateurs et les réseaux de distribution jouent un rôle déterminant.
Un poste électrique concentre des équipements coûteux et indispensables à l’acheminement de l’énergie. Son accès devrait donc être encadré par des procédures strictes, des personnels qualifiés et des dispositifs adaptés aux risques électriques. Lorsqu’une intrusion permet de dégrader une installation ou d’en retirer des composants, la continuité du service peut être affectée bien au-delà de la valeur du matériel emporté.
La sécurisation des postes électriques doit ainsi être intégrée à la gestion globale du réseau. Cette approche suppose d’identifier les sites les plus sensibles, notamment ceux qui alimentent des zones fortement urbanisées, des pôles industriels ou des infrastructures essentielles. Les mesures peuvent inclure le renforcement des clôtures et des accès, le contrôle des entrées et sorties, la traçabilité des interventions, la détection des intrusions et la transmission rapide des alertes.
Les conséquences d’un équipement indisponible peuvent nécessiter un diagnostic, une intervention spécialisée, une réparation ou un remplacement. Dans l’intervalle, les équipes d’exploitation peuvent être amenées à modifier la configuration du réseau ou à utiliser certaines installations dans des conditions différentes de celles prévues. Une entreprise peut interrompre sa production, un commerce subir des pertes et des ménages rester privés d’électricité pendant plusieurs heures.
Les actes signalés en 2026 illustrent cette vulnérabilité. Le 20 septembre, deux installations de la Senelec ont été vandalisées à Sebikotane et Khodoba, avec du matériel emporté et des coupures affectant les ménages ainsi que les activités économiques. À Bambilor, le vol d’un transformateur dans la nuit du 6 avril avait déjà plongé plus de trois quartiers dans le noir. Un poste électrique récemment achevé dans cette localité avait également été vandalisé.
Dans son analyse, EnQuête+ met l’accent sur une logique de prévention et de résilience plutôt que sur la seule réparation après incident. Une cartographie nationale de la criticité des postes permettrait de hiérarchiser les risques et d’adapter le niveau de protection à l’importance de chaque site.
La protection ne devrait pas reposer sur une seule barrière. Si une clôture est franchie, un autre dispositif doit pouvoir détecter l’intrusion ; si une alerte est déclenchée, elle doit parvenir rapidement aux équipes compétentes. Le réseau doit aussi disposer de possibilités de reconfiguration afin de limiter l’impact d’un incident sur l’alimentation.
Cette démarche doit concerner l’ensemble de la chaîne électrique : la production, le transport, les postes, les transformateurs et la distribution. Elle nécessite également une maintenance régulière des équipements de sécurité ainsi qu’une coordination renforcée avec les forces de sécurité.
Après les dégradations du 20 septembre, la Senelec a prévu d’installer des caméras sur certains sites afin de renforcer leur surveillance.



