Le gouvernement brésilien et l’administration américaine ont officialisé un nouveau partenariat sécuritaire. Cette initiative diplomatique et douanière, annoncée par le président Luiz Inácio Lula da Silva, vise à coordonner les efforts des deux nations face aux réseaux criminels transfrontaliers.
Baptisée DESARMA, l’opération instaure une coopération inédite entre le fisc brésilien et le service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (CBP). Le dispositif prévoit un partage de données en temps réel, un suivi rigoureux du fret et des interventions conjointes pour intercepter les cargaisons illicites de drogue et d’armement. Le ministre brésilien des Finances, Dario Durigan, a salué une étape importante intégrant le renseignement pour bloquer ces trafics.
L’urgence de cette coordination s’illustre par des données matérielles. Les autorités brésiliennes ont révélé avoir saisi, au cours des douze derniers mois, 1 168 armes et pièces d’armement importées illégalement. La majorité de cet arsenal, destiné aux réseaux criminels locaux, provenait de l’État de Floride.
Cette entente douanière intervient dans un climat politique complexe. Selon la chaîne Al Jazeera, l’administration du président américain Donald Trump mène actuellement une vaste campagne contre les réseaux criminels dans l’hémisphère occidental, notamment à travers la coalition « Bouclier des Amériques ». Si les dirigeants de gauche, dont Lula, ont boycotté le sommet de lancement de cette coalition en mars, Washington maintient la pression pour obtenir des actions militaires de la part de ses voisins.
Les méthodes de la Maison-Blanche suscitent toutefois de profondes divergences. Depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, Donald Trump a classé plusieurs cartels latino-américains comme « organisations terroristes étrangères ». Cette désignation a servi de justification à des opérations américaines, dont au moins 47 frappes dans la mer des Caraïbes et l’océan Pacifique oriental ayant fait 147 morts, ainsi qu’un raid au Venezuela le 3 janvier ayant conduit à l’arrestation de Nicolas Maduro.
Le Brésil refuse l’application de cette doctrine sur son territoire. Alors que Washington envisage d’étendre l’étiquette terroriste à deux factions criminelles brésiliennes, le Primeiro Comando da Capital (PCC) et le Comando Vermelho (CV), le ministre des Affaires étrangères Mauro Vieira a fait part de son opposition directe au secrétaire d’État américain Marco Rubio. Le président Lula, qui doit se rendre à Washington dans les mois à venir, a réitéré que son pays n’accepterait aucune forme de tutelle et a exigé le respect de sa souveraineté.