Santé numérique : les autorités appelées à garantir la confiance des patients

La transformation numérique du système de santé sénégalais ne pourra se limiter à l’installation de logiciels et à la circulation des dossiers médicaux. Elle devra également garantir la confidentialité des informations personnelles, la sécurité des données et la participation des usagers. C’est le message porté, mercredi 4 novembre à Dakar, lors d’une journée d’échanges organisée dans le cadre de la Semaine mondiale de la santé numérique.

La rencontre, intitulée « Quand mon dossier me suit – Données de santé et droits des usagers », a été organisée par la Coalition nationale Transform Health Sénégal, coordonnée par ENDA Santé, avec l’appui de l’Agence belge de développement (Enabel).

Elle a réuni des représentants de l’administration, des professionnels de santé, des acteurs du numérique et des organisations de la société civile autour des conditions de gouvernance des données sanitaires et de l’interopérabilité des systèmes d’information.

Pour le directeur de la Santé de la région de Dakar, Dr Mama Moussa Diaw, la santé doit être considérée comme un droit et non comme une faveur accordée aux populations. Il a estimé que les citoyens étaient fondés à exiger des services de qualité et à s’informer sur les transformations engagées dans le secteur.

Il a également salué le rôle de la société civile dans la sensibilisation et la formulation des attentes des usagers.

Le responsable régional a notamment insisté sur les avantages attendus d’un dossier médical accessible d’une structure sanitaire à une autre. Un tel dispositif pourrait éviter la répétition d’examens, faire gagner du temps aux professionnels et faciliter la prise en charge en donnant accès aux antécédents médicaux et aux éventuelles allergies des patients. Mais il a aussi soulevé la question de l’hébergement et de la sécurisation de ces informations.

La représentante d’Enabel, Woly Fall, a pour sa part appelé à ne pas réduire la santé numérique à ses dimensions techniques. Elle a insisté sur la nécessité de prendre en compte les bénéficiaires finaux, notamment sur les questions de confidentialité et de consentement. « Est-ce que les populations sont au courant de comment leur dossier pourrait quitter une structure de santé A vers une structure de santé B ? », a-t-elle interrogé.

Le directeur adjoint d’ENDA Santé, Dr Djibril Ndoye, a également défendu l’urgence d’un encadrement juridique. Selon lui, la protection des données constitue une condition essentielle à la réussite de la transformation numérique du secteur. Il a plaidé pour l’accélération de l’adoption de la loi sur la santé numérique, encore dans le circuit institutionnel.

Représentant le ministère des Télécommunications et du Numérique, Madiaw Diop a indiqué que les départements chargés de la Santé et du Numérique travaillaient à la mise en place d’une infrastructure destinée à sécuriser et héberger les données sanitaires. Il a reconnu que les patients devaient pouvoir comprendre comment leurs informations étaient gérées et où elles étaient conservées.

Au-delà des perspectives technologiques, les échanges ont ainsi mis en évidence une exigence : faire de la confiance des usagers un élément central de la transformation numérique de la santé. La circulation des dossiers médicaux ne pourra produire tous ses bénéfices que si elle s’accompagne de garanties sur les droits des patients, la protection de leurs informations et la responsabilité des institutions.

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