Santé d’Imran Khan : Islamabad annonce une guérison spectaculaire, mais refuse l’unique requête qui validerait le diagnostic

La bataille de communication autour de l’état de santé de l’ancien Premier ministre pakistanais, emprisonné depuis août 2023, prend une nouvelle tournure. Alors qu’un rapport officiel fait état d’une amélioration notable de sa vision, balayant les inquiétudes récentes, l’entourage d’Imran Khan conteste formellement ces conclusions en raison d’un verrouillage procédural maintenu par les autorités pénitentiaires.

**Une amélioration médicale jugée suspecte par le clan Khan**

Le gouvernement pakistanais se veut rassurant. Selon un rapport médical consulté par Al Jazeera, la vision de l’œil droit d’Imran Khan serait passée de 6/36 à 6/9, une nette progression par rapport aux alarmes lancées la semaine précédente. L’examen, mené dimanche à la prison d’Adiala par les docteurs Nadeem Qureshi et Muhammad Arif Khan, conclut que l’œil gauche conserve une vision parfaite de 6/6 avec correction. Pour les autorités, ces données prouvent l’efficacité de la prise en charge de l’homme de 73 ans.

Cependant, ces résultats sont rejetés en bloc par la famille du fondateur du Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI). Aleema Khan, sœur de l’ex-dirigeant, a déclaré à nos confrères d’Al Jazeera que ce rapport ne pouvait être accepté. Le point de rupture ne concerne pas les chiffres eux-mêmes, mais les conditions de l’examen : le gouvernement a refusé la présence du médecin personnel d’Imran Khan et d’un représentant de la famille lors de la consultation.

« Sans la présence physique de son médecin personnel et d’un représentant de la famille, nous rejetons catégoriquement toute affirmation faite par le gouvernement concernant son examen ou son traitement », a tranché Aleema Khan, dénonçant une situation « inacceptable ».

**La parole du médecin personnel neutralisée**

Le docteur Aasim Yusuf, médecin personnel d’Imran Khan, se retrouve dans l’impossibilité de valider ou d’infirmer le diagnostic officiel. Bien qu’il ait pu s’entretenir pendant 40 minutes avec les médecins mandatés par l’État, qui lui ont assuré que la vision du patient s’était « considérablement améliorée », il maintient une réserve technique.

« Je serais extrêmement heureux si je pouvais confirmer que c’est le cas », a-t-il expliqué dans un message vidéo relayé par le PTI. « Malheureusement, comme je ne l’ai pas vu moi-même et que je n’ai pas pu participer à ses soins, je suis incapable de confirmer ou de nier la véracité de ce qui nous a été dit. »

**Un contexte de défiance extrême**

Ce bras de fer médical intervient après un rapport alarmant déposé la semaine dernière par l’avocat Salman Safdar, mandaté par la Cour suprême. Ce document décrivait une perte de vision « rapide et substantielle », Imran Khan affirmant ne conserver que « 15 % » de ses capacités visuelles à l’œil droit.

La famille, qui réclame le transfert de l’ex-Premier ministre à l’hôpital international Shifa d’Islamabad, accuse le gouvernement de « négligence criminelle » et de multiplier les obstacles, allant jusqu’à refuser les demandes de visa des deux fils d’Imran Khan résidant à Londres.

Face à l’impasse, le parti d’opposition poursuit son sit-in devant le parlement, liant la fin de la protestation à l’accès inconditionnel de spécialistes indépendants auprès du prisonnier.

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