À l’occasion de la prière de l’Aïd-el-Fitr célébrée vendredi au terrain Tound-wi de la Cité Ousmane Ngom à Thiès, l’imam Oumar Thioune a consacré une large partie de son sermon au récent durcissement des sanctions pénales contre les actes homosexuels. Cette tribune religieuse a également servi de cadre à une intervention politique détaillant les coulisses financières de cette décision législative.
Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, le dignitaire religieux a tenu à saluer publiquement le vote de l’Assemblée nationale visant à alourdir les peines pour les auteurs et promoteurs d’actes contre-nature. L’imam Thioune a réclamé une application stricte de ces dispositions, insistant sur le fait que l’appartenance politique ne doit en aucun cas servir de protection pour se soustraire à la justice. Il a rappelé que le Sénégal souffre davantage d’un défaut d’application de ses textes que d’un vide juridique, appelant les populations à soutenir les députés dans cette démarche.
Le sermon a par ailleurs abordé la question de la dépravation des mœurs à travers le prisme des droits de l’enfant en islam. Le guide religieux a fermement condamné l’avortement médicalisé, soulignant que l’interruption de grossesse équivaut à une atteinte à la vie humaine. Il s’est également élevé contre la mendicité infantile et l’abandon d’enfants à des maîtres coraniques sans aucune prise en charge parentale. Pour l’imam, confier un enfant sans assumer ses besoins matériels n’a aucune base islamique, et les parents devront rendre des comptes pour les mineurs laissés à eux-mêmes dans la rue.
Présent lors de cet office, le député Amadou Dia, élu sous la bannière de Pastef, a pris la parole pour appuyer le discours du religieux. Toujours selon Sud Quotidien, le parlementaire a mis en lumière le contexte économique spécifique dans lequel la nouvelle législation a été adoptée. Il a indiqué que l’État a pris la responsabilité de voter cette loi pour protéger les valeurs sénégalaises à un moment où le pays traverse des difficultés financières, précisant que des financements sont actuellement bloqués en raison de l’opposition de certains bailleurs à cette mesure pénale.
Face à ces pressions extérieures, le député a invité les citoyens et les acteurs politiques à faire bloc derrière les autorités. Concernant l’application effective des textes répressifs, Amadou Dia s’est engagé à porter le dossier sur la table de la commission des délégations de l’Assemblée nationale, instance chargée du suivi, du contrôle et de l’évaluation des lois votées.