Salvador : la barre des 90 000 détenus franchie, les ONG alertent sur le sort de 60 000 enfants

Le Salvador marque le quatrième anniversaire de son état d’urgence, instauré pour lutter contre la violence des gangs. Si les autorités recensent un nombre massif d’arrestations depuis mars 2022, les organisations de la société civile mettent en lumière une conséquence directe de cette politique sécuritaire sur une frange vulnérable de la population.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, cette vague d’incarcérations a conduit à la séparation de dizaines de milliers de mineurs de leurs familles. Ces enfants se retrouvent privés du soutien d’un ou de leurs deux parents, devenant de fait des orphelins d’État. Le Mouvement pour les victimes de l’état d’exception (MOVIR) évalue à 60 000 le nombre d’enfants ayant perdu leur soutien parental. D’autres estimations portent ce chiffre à environ 100 000 mineurs concernés.

La situation se traduit par des séparations familiales prolongées, à l’image de Sarita, 16 ans, et de sa grand-mère Sara de Perez, 54 ans, résidant à El Rosario. L’adolescente porte quotidiennement une médaille de Saint Benoît, offerte par sa grand-mère il y a deux ans. Ce bijou revêt une importance particulière pour la famille : le père de la jeune fille portait un pendentif identique avant son arrestation. Depuis son incarcération, ses proches se voient refuser tout contact avec lui.

Le père de Sarita fait partie des plus de 90 000 Salvadoriens détenus dans le cadre de l’état d’urgence déclaré le 27 mars 2022. Accusé d’« associations illicites », il n’a pour l’heure fait l’objet d’aucune condamnation, et sa famille clame son innocence. Pour les enfants dans cette situation, l’impact psychologique est documenté. Si certains bénéficient de la prise en charge de proches, comme Sarita, d’autres se retrouvent sans aucun soutien. La jeune fille confie s’enfermer régulièrement dans sa chambre pour pleurer en regardant les photos de son père.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire