Sahara marocain : Abdou  Latif Aïdara défend l’autonomie comme « seule alternative crédible »

À l’occasion de la célébration du 51e anniversaire de la Marche Verte, organisée vendredi à Dakar par l’ambassade du Maroc au Sénégal, Hassan Naciri, le docteur Abdou Latif Aïdara, universitaire et directeur du Centre africain d’intelligence stratégique (CISP), a livré une analyse politique, diplomatique et juridique du dossier du Sahara. Pour lui, l’initiative marocaine d’autonomie constitue une voie crédible pour sortir d’un conflit enlisé depuis plusieurs décennies.

Prenant la parole devant des diplomates, des universitaires, des juristes et des chercheurs, le chercheur a d’abord rappelé la portée historique de la Marche Verte du 6 novembre 1975. Il a évoqué la mobilisation de 350 000 Marocains et Marocaines qui avaient franchi pacifiquement la frontière vers le sud, avec le Coran et le drapeau national à la main.

Pour l’universitaire, cette commémoration offre surtout l’occasion de revisiter les fondements juridiques du conflit du Sahara à la lumière des évolutions diplomatiques récentes.

« L’autonomie sous souveraineté marocaine constitue-t-elle une formule légitime d’exercice du droit à l’autodétermination au regard des normes de l’Organisation des Nations unies ? », s’est-il interrogé sur Senego.

L’autonomie face à l’impasse du référendum

Le panéliste Aïdara a structuré son intervention autour de quatre axes : les principes du droit international, l’initiative marocaine d’autonomie, les dernières évolutions au sein des Nations unies et les perspectives de sortie de crise.

Selon lui, le processus référendaire envisagé depuis 1991 s’est heurté à des difficultés persistantes, notamment sur l’identification des électeurs. Il a également rappelé l’échec du plan Baker II et la présentation, par le Maroc, de son initiative d’autonomie le 11 avril 2007.

À ses yeux, cette proposition répond précisément à l’impasse constatée par les Nations unies. Il estime qu’elle permettrait aux populations concernées de gérer leurs propres affaires, notamment économiques et sociales, dans le cadre de la souveraineté marocaine.

Le Conseil de sécurité et les nouvelles tensions diplomatiques

L’universitaire a également consacré une partie importante de son exposé aux développements intervenus au Conseil de sécurité le 30 octobre 2026.

Il a notamment évoqué le projet de résolution américain qui a recueilli onze voix favorables, mais a été bloqué par le veto de la Russie. Le projet russe visant à prolonger le mandat de la MINURSO a, de son côté, échoué faute d’obtenir le nombre de voix nécessaire, après l’opposition américaine et onze abstentions.

Pour le chercheur, ces votes traduisent une convergence internationale croissante autour de l’initiative marocaine, malgré les divergences entre les membres permanents du Conseil de sécurité.

Il a également insisté sur la nécessité de dépasser les blocages liés à l’organisation d’un référendum, notamment les désaccords persistants sur la détermination du corps électoral.

Quatre conditions pour réussir le plan d’autonomie

Dans la dernière partie de son intervention, Abdou Latif Latif Aïdara a identifié plusieurs conditions nécessaires à la réussite de l’initiative marocaine.

Il a notamment plaidé pour une autonomie substantielle, dotée de compétences et de ressources suffisantes pour obtenir l’adhésion des populations concernées. Il a également insisté sur l’organisation d’une consultation crédible, assortie de garanties d’impartialité.

À cela s’ajoutent, selon lui, la réconciliation, l’amnistie, la réinsertion et le retour des habitants des camps de Tindouf, ainsi que la mise en place de garanties sécuritaires sur le terrain.

En dernière analyse, l’universitaire a défendu l’idée que le règlement du conflit passe nécessairement par une solution politique négociée, capable de concilier le principe d’autodétermination et les réalités diplomatiques et juridiques du dossier.

Son intervention s’inscrit dans la volonté de l’ambassade du Maroc de mettre en lumière les dimensions historiques, politiques et juridiques de la Marche Verte et de présenter les perspectives défendues par le Royaume sur la question du Sahara.

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