Comment faire de la production agricole une activité qui crée aussi de la valeur et des compétences au Sénégal ? À Bambali, le projet agro-industriel SM10 Agro, porté par Sadio Mané, place cette question au centre des enjeux. Implanté sur plus de 500 hectares dans la zone de Boudhié Mar, à environ cinq kilomètres du village, il prévoit notamment une plantation de manguiers Kent.
Le défi ne se limite pas à cultiver. Les pertes post-récolte sont estimées entre 30 et 40 % de la production, selon EnQuête+ : transformer, conserver et conditionner les récoltes à proximité peut donc contribuer à en préserver la valeur. Pour SM10 Agro, une plateforme de traitement est annoncée avec une capacité de 10 500 tonnes par an. L’approvisionnement auprès des producteurs du territoire, le stockage et la logistique seront déterminants pour faire fonctionner cette chaîne et développer ses débouchés.
L’ampleur annoncée du projet donne la mesure de l’enjeu local : jusqu’à 2 500 emplois pourraient être créés à terme, principalement au bénéfice des jeunes du Sud. Ces perspectives dépendront toutefois de la capacité à assurer une activité régulière, à transformer les récoltes et à les acheminer vers les marchés.
Former aux métiers de la filière
Un centre de formation est annoncé dans le cadre du projet. Il pourrait préparer des jeunes à des métiers liés à la production et à la transformation, plutôt qu’à de seuls emplois temporaires. Les femmes sont également concernées par les différentes étapes de la filière, de la production à la commercialisation.
La question des compétences est centrale : faire fonctionner et entretenir les équipements suppose de disposer de personnels formés. L’enjeu ne concerne donc pas uniquement les installations, mais aussi la capacité à former localement celles et ceux qui les feront tourner.
Des résultats à suivre dans la durée
La viabilité du modèle dépendra de plusieurs facteurs. L’accès à l’eau, l’état des sols, les maladies des cultures, les coûts de l’énergie, le transport et le respect des normes sanitaires figurent parmi les difficultés possibles. L’analyse appelle aussi à ne pas réduire le projet à son image publique et à examiner ses résultats dans le temps, notamment au regard des emplois effectivement créés et des pertes évitées.
La gouvernance est un autre point de vigilance : l’article insiste sur la nécessité de règles claires, d’une gestion professionnelle, de transparence financière et d’indicateurs permettant d’évaluer les performances. Les changements climatiques sont également cités parmi les facteurs susceptibles de perturber les cycles de production.





