Un tribunal russe a rendu, lundi à Saint-Pétersbourg, une décision visant l’un des principaux groupes de défense des droits LGBTQ du pays. Cette mesure intervient dans un contexte de durcissement continu des autorités russes contre les organisations et symboles liés aux minorités sexuelles.
D’après Insider Paper, la justice a accédé à une demande du ministère russe de la Justice pour qualifier le Russian LGBT Network, présenté comme une importante organisation non gouvernementale de défense des droits LGBTQ, d’organisation « extrémiste ». Le service de presse du tribunal a indiqué sur Telegram que « le mouvement public a été désigné comme une organisation extrémiste, et ses activités sont interdites en Russie ».
L’audience s’est tenue à huis clos, selon les éléments communiqués. Avec cette qualification, toute personne associée au groupe pourrait désormais s’exposer à des poursuites pour soutien à une organisation extrémiste, avec à la clé plusieurs années de prison au regard du code pénal russe. Le texte source précise que ce type d’accusation est assimilé à des infractions d’une gravité comparable à celles liées au terrorisme dans l’arsenal judiciaire du pays.
La Russie cible depuis plusieurs années les organisations LGBTQ. Mais cette politique s’est accentuée depuis le lancement de l’offensive russe à grande échelle en Ukraine en 2022, dans un climat de virage conservateur plus marqué. Le président russe Vladimir Poutine dénonce de longue date ce qu’il présente comme des atteintes aux « valeurs familiales traditionnelles », qu’il juge contraires à l’identité russe et influencées par l’Occident.
En 2023, la Cour suprême russe avait déjà interdit ce qu’elle appelait le « mouvement social international LGBT », également classé comme organisation extrémiste. Depuis, les autorités ont mené des descentes dans des clubs et bars LGBTQ, avec des arrestations de propriétaires. Des tribunaux ont aussi prononcé des amendes et de courtes peines de détention contre des personnes affichant des « symboles » LGBTQ, notamment des vêtements, bijoux ou affiches portant le drapeau arc-en-ciel.
Avant cette nouvelle décision, Amnesty International avait dénoncé, en février, la démarche du ministère russe de la Justice. Marie Struthers, directrice pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale de l’organisation, avait déclaré que cette initiative reflétait « une stratégie délibérée du Kremlin visant à légitimer et instrumentaliser l’homophobie dans son offensive contre la dissidence et l’égalité ».
Bravo à la Russie !