Rupture à Quito : l’Équateur donne 48 heures aux diplomates de ce pays pour quitter son territoire

Le paysage diplomatique sud-américain enregistre une nouvelle fracture. Le gouvernement équatorien a émis une injonction exigeant le départ de tout le personnel consulaire et diplomatique cubain de son territoire, entraînant la fermeture immédiate de la représentation de La Havane à Quito.

L’ambassade de Cuba dans la capitale équatorienne a officiellement cessé ses activités ce vendredi à 10 heures, heure locale. Cette fermeture fait suite à une lettre envoyée mercredi par l’administration du président équatorien Daniel Noboa, déclarant l’ambassadeur Basilio Antonio Gutierrez Garcia et ses collaborateurs persona non grata. Le document accordait un délai strict de 48 heures aux diplomates pour quitter le pays, sans fournir d’explication officielle à cette requête.

Le ministère cubain des Affaires étrangères a dénoncé un délai injustifié. Dans un communiqué, La Havane a qualifié cette expulsion d’action unilatérale portant atteinte aux relations historiques entre les deux nations. Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a pour sa part pointé du doigt une politique équatorienne de soumission aux intérêts étrangers, tout en assurant le peuple équatorien du soutien de Cuba. De son côté, Daniel Noboa a illustré cette rupture en publiant une courte vidéo montrant un employé de l’ambassade incinérant des documents sur un toit, séquence qu’il a accompagnée de la légende « barbecue de papiers » (parrillada de papeles).

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, cette expulsion s’inscrit dans le cadre d’un rapprochement stratégique entre Daniel Noboa et Donald Trump. Le président américain a récemment réitéré, lors d’une intervention sur CNN, sa volonté d’opérer un changement de régime à La Havane une fois le dossier iranien traité. Dans cette dynamique, l’Équateur et les États-Unis ont annoncé cette semaine une opération conjointe contre les cartels. Daniel Noboa est également attendu en Floride, au domaine de Mar-a-Lago, pour un sommet réunissant des dirigeants latino-américains de droite, baptisé « Bouclier des Amériques ».

Cette séquence reflète une politique américaine de pression accrue sur la région. Donald Trump a intensifié l’isolement de Cuba, notamment par un décret menaçant de sanctions économiques tout pays lui fournissant du pétrole, une mesure qui s’ajoute à l’embargo commercial en vigueur depuis les années 1960. Les opérations militaires américaines se sont également multipliées, avec au moins 44 frappes recensées depuis septembre contre des navires dans la mer des Caraïbes et l’océan Pacifique oriental, justifiées par la lutte antidrogue.

En parallèle, l’administration de Daniel Noboa calque plusieurs de ses mesures sur celles de Donald Trump. Le président équatorien a par exemple imposé des droits de douane de 50 % à la Colombie, reprochant au gouvernement voisin un manque d’agressivité face à la fabrication illicite de cocaïne sur son sol.

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