Royaume-Uni : tour de vis sur le droit d’asile, le statut de réfugié drastiquement réduit

Londres opère un changement de cap radical dans sa politique d’asile, visant à réduire son attractivité et à lutter contre l’immigration irrégulière.

Le gouvernement britannique a annoncé une refonte majeure de son système d’accueil, qui entre en vigueur ce lundi. Désormais, les nouveaux demandeurs d’asile se verront accorder un statut de réfugié d’une durée de 30 mois renouvelable, contre cinq ans auparavant. Une mesure choc qui s’inscrit dans une stratégie plus large pour décourager les traversées illégales de la Manche.

Un statut plus précaire pour les réfugiés

Selon le communiqué du ministère de l’Intérieur (Home Office), cette nouvelle règle instaure un système de protection temporaire. La protection pourra être renouvelée si un réfugié est toujours considéré comme étant en danger dans son pays d’origine. En revanche, ceux dont le pays sera jugé redevenu « sûr » seront appelés à y retourner.

Cette approche met fin à un dispositif que le ministère qualifiait lui-même comme l’un « des plus généreux pour les réfugiés dans un pays d’Europe de l’Ouest ». Jusqu’à présent, les personnes reconnues réfugiées bénéficiaient d’un droit de séjour de cinq ans, pouvaient demander le regroupement familial et obtenaient ensuite une résidence permanente de manière « quasiment automatique ». Seule exception notable à cette nouvelle règle : les mineurs non accompagnés, qui conserveront un statut protecteur de cinq ans.

Le modèle danois comme source d’inspiration

Le gouvernement a affirmé que si le Royaume-Uni continuerait d’« offrir un refuge à ceux qui fuient la guerre et les persécutions », il était nécessaire d’éviter que le système d’asile ne constitue un « facteur d’attraction » favorisant les réseaux de passeurs. Cette stratégie s’inspire directement du modèle mis en place au Danemark, où le nombre de demandes d’asile a atteint son plus bas niveau depuis quarante ans.

Un contexte politique tendu

Cette mesure s’inscrit dans un contexte de pression politique croissante sur le gouvernement conservateur, notamment face à la montée du parti anti-immigration Reform UK. La réforme annoncée en novembre dernier prévoit d’autres dispositions encore plus strictes, qui devront être soumises au vote du Parlement. Parmi elles, une proposition controversée vise à obliger les réfugiés à attendre 20 ans avant de pouvoir prétendre à un permis de résidence permanente.

Bien que le nombre total de demandes d’asile ait connu une légère baisse de 4% en 2023 par rapport au record de l’année précédente, les arrivées irrégulières via de petites embarcations ont quant à elles augmenté, soulignant le défi persistant pour l’exécutif.

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