En 2024, les importations de riz ont coûté au Sénégal 402 millions d’euros, soit environ 264 milliards de FCFA. Une facture qui alourdit une balance commerciale déjà déficitaire de 3,77 milliards d’euros, selon un document relayé par Lactuacho.
Face à la mévente du riz local, un casse-tête que la presse quotidienne ne cesse de relayer, le ministre de l’Industrie et du Commerce a annoncé un mémorandum entre l’État et les commerçants. L’accord prévoit un prix de 280 FCFA le kilogramme et une subvention de 50 FCFA/kg versée aux producteurs. Cette initiative est saluée, mais elle reste une solution d’urgence.
Des réformes structurelles en douze propositions
Le document publié estime que le pays ne couvre qu’environ 66% de ses besoins annuels. Avec une population proche de 19 millions d’habitants, la consommation atteint 1,71 million de tonnes de riz blanc par an, pour une production nationale transformée de seulement 1,13 million de tonnes. Le déficit de 577 000 tonnes est comblé par les importations.
Pourtant, le potentiel est là : plus de 322 000 hectares sont consacrés au riz pluvial et 136 000 hectares irrigués, dont seulement 70 000 hectares cultivés dans la vallée du fleuve Sénégal. Les obstacles sont connus : manque de mécanisation, accès limité au crédit, coûts de transformation élevés et absence de débouchés garantis.
Pour sortir durablement de la crise, douze mesures sont avancées. Parmi elles : la création d’une centrale nationale de commercialisation, un quota obligatoire de 30 à 50 % de riz local dans les surfaces de vente et la réservation des marchés publics à la production nationale. L’armée, les hôpitaux et les universités pourraient ainsi absorber plusieurs dizaines de milliers de tonnes chaque année.
