Le gouvernement sénégalais a reconduit la suspension des importations de riz pour une durée d’un mois, à compter du mercredi 8 juillet. Les Déclarations d’importation de produits alimentaires (DIPA) ne seront plus délivrées jusqu’au 7 août, a-t-on appris à l’issue d’une réunion au ministère de l’Industrie et du Commerce.
La veille, le 7 juillet, des agriculteurs de la vallée du fleuve Sénégal étaient descendus dans la rue pour dénoncer la mévente du riz local et exiger le départ du ministre Serigne Guèye Diop. Selon les informations d’Agenceecofin, l’objectif de cette suspension temporaire est de libérer des débouchés pour les producteurs et de réduire la pression exercée par les importations sur le marché intérieur.
37 000 tonnes de stock à écouler
D’après la Société d’aménagement et d’exploitation des terres du delta et des vallées du fleuve Sénégal et de la Falémé (SAED), environ 37 000 tonnes de riz blanc sont actuellement bloquées dans les rizeries. Une situation qui n’est pas nouvelle : en novembre 2025, Dakar avait déjà mis en place une mesure similaire pour les mêmes raisons. Plus tôt cette année, en mars, la région de Saint-Louis tirait la sonnette d’alarme avec près de 50 000 tonnes de riz invendues.
Pour accompagner cette suspension, le gouvernement a dévoilé un nouveau mécanisme de régulation. Désormais, les opérateurs économiques devront justifier l’achat de quantités déterminées de riz local avant de pouvoir bénéficier d’autorisations d’importation. Le prix d’achat du riz local a été fixé à 280 FCFA par kilogramme. Les rizeries recevront en outre un appui public de 50 FCFA par kilogramme pour compenser une partie des coûts de transformation et améliorer leur compétitivité face au riz importé.
Le Sénégal reste très dépendant des importations. Selon les projections du Département américain de l’Agriculture (USDA), la production nationale de riz blanchi devrait atteindre 670 000 tonnes durant la campagne 2026/2027, pour une consommation estimée à près de 2,35 millions de tonnes. L’USDA prévoit ainsi une hausse de 7,69 % des importations, qui pourraient s’élever à 1,4 million de tonnes.
