Le bras de fer autour du rejet de la Loi de finances rectificative (LFR) 2026 continue d’alimenter les prises de position politiques. Dans une contribution intitulée « Face au sabotage de Sonko, l’arsenal de guerre juridique du président Diomaye ! », Kambatouko Mendy, cadre de Dakar Dem Dikk et de KIIRAAY, les Patriotes républicains, appelle le chef de l’État à utiliser les mécanismes constitutionnels et légaux pour faire face à ce qu’il considère comme une stratégie de blocage orchestrée par Ousmane Sonko et les députés de Pastef.
Dans cette tribune au ton particulièrement offensif, l’auteur estime que le rejet de la LFR par les députés de la majorité constitue un acte contraire à l’intérêt général. Il accuse Ousmane Sonko et ses soutiens de privilégier leurs ambitions politiques au détriment des préoccupations des Sénégalais. Selon lui, cette décision compromet le financement de secteurs essentiels comme l’électricité, l’approvisionnement en eau, les bourses familiales et les structures sanitaires.
Face à cette situation, Kambatouko Mendy considère que le président Bassirou Diomaye Faye dispose de plusieurs moyens juridiques pour sortir de l’impasse. Il passe ainsi en revue différentes dispositions de la Constitution et de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF), qu’il présente comme autant de leviers à la disposition de l’exécutif.
Parmi les mécanismes évoqués figure le vote bloqué, prévu à l’article 82 de la Constitution. Cette disposition permet au Gouvernement, s’il le demande, d’obtenir un vote unique de l’Assemblée nationale sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements proposés ou acceptés par l’exécutif.
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L’auteur cite également l’article 68 de la Constitution, qui prévoit une procédure de mise en vigueur par décret des projets de lois de finances lorsque le délai constitutionnel de soixante jours arrive à expiration sans vote définitif. Il évoque aussi l’article 23 de la LOLF, qui autorise l’ouverture de crédits supplémentaires par décret d’avances en cas d’urgence ou de nécessité impérieuse d’intérêt national, sous réserve d’une information immédiate de l’Assemblée nationale et d’une ratification par la prochaine loi de finances.
Dans son argumentaire, Kambatouko Mendy mentionne par ailleurs le recours au Conseil constitutionnel, les pouvoirs exceptionnels prévus à l’article 52 et la possibilité de dissoudre l’Assemblée nationale sur la base de l’article 87. Sur ce dernier point, il rappelle que la dissolution est interdite durant les deux premières années de la législature. Les députés de l’actuelle législature ayant été installés le 2 décembre 2024, cette possibilité pourrait être envisagée à partir du 2 décembre 2026, dans le respect des autres conditions constitutionnelles.
L’auteur fait également référence au référendum comme moyen de consulter directement les Sénégalais. Il fonde cette possibilité sur l’article 103 de la Constitution, une référence qui appelle toutefois une précision juridique : le recours au référendum pour un projet de loi ordinaire relève de l’article 51, tandis que l’article 103 porte sur la procédure de révision constitutionnelle.
Au-delà de cet inventaire juridique, la contribution se veut aussi un message politique de soutien au président de la République. Kambatouko Mendy réaffirme la loyauté des militants de KIIRAAY, les Patriotes républicains, à Bassirou Diomaye Faye et l’encourage à prendre les décisions qu’il jugera nécessaires pour préserver le fonctionnement des institutions et garantir la continuité de l’action publique.
« Choisissez le levier le plus fort, au moment opportun, et brisez ce verrou anti-patriote », lance-t-il au chef de l’État. Il conclut en appelant à faire prévaloir l’intérêt national sur les considérations partisanes, estimant que le Sénégal ne doit pas être pris en otage par les rivalités politiques.




