Pour la première fois depuis un quart de siècle, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a remis ses rapports annuels au chef de l’État, couvrant les années 2023, 2024 et 2025. La présidente Amsatou Sow Sidibé a conduit la délégation ce vendredi 31 juillet 2026 au Palais de la République, pour un exercice inédit sous l’empire de la loi du 18 septembre 2024, qui a réformé son fonctionnement.
Le président Bassirou Diomaye Faye a salué la qualité des travaux, précise la Présidence, et a tenu à rappeler l’héritage du juge Kéba Mbaye, figure de la justice sénégalaise. Il a ensuite annoncé des mesures concrètes : renforcement des moyens de la CNDH, amélioration de ses conditions d’installation et désignation des commissaires via une procédure ouverte et inclusive, comme le rapporte dakaractu, en vue de la réaccréditation au statut « A ».
L’enjeu est de taille. Le statut A, décerné par les Nations unies, certifie l’indépendance et l’efficacité d’une institution nationale des droits de l’homme. Pour le Sénégal, le conserver est un impératif diplomatique et moral. La procédure de nomination rénovée doit permettre d’associer plus largement la société civile et de renforcer la transparence.
Sur le volet des conditions de détention, le chef de l’État a réaffirmé sa doctrine : « la liberté reste le principe et la détention l’exception ». Il a par ailleurs annoncé le soutien de l’État à l’institutionnalisation du Prix national des droits de l’homme, un symbole fort pour la promotion des droits fondamentaux. Cette rencontre intervient alors que le gouvernement s’est engagé, à travers l’Agenda Sénégal 2050, à bâtir un État de droit plus protecteur des libertés. La Commission, de son côté, a salué cette audience, la qualifiant d’historique et de signal fort pour le dialogue institutionnel.
