La partie orientale de la République démocratique du Congo (RDC) fait face à une succession de catastrophes meurtrières liées à l’exploitation des sous-sols. Face à la multiplication des éboulements de terrain ayant coûté la vie à de nombreux civils ces dernières semaines, les autorités congolaises ont publié une communication officielle pour détailler le bilan de ces drames et annoncer des poursuites.
Selon les informations rapportées par l’Agence Afrique, la région de Rubaya, située dans la province du Nord-Kivu, a été le théâtre de plusieurs glissements de terrain meurtriers depuis la fin du mois de janvier. Le dernier incident majeur a été recensé le samedi 7 mars. Dans un communiqué rendu public le dimanche 8 mars, le gouvernement congolais indique que cette catastrophe s’ajoute à deux précédents éboulements survenus les 28 janvier et 3 mars.
Le bilan humain dressé par les autorités est lourd : plusieurs centaines de creuseurs artisanaux ont perdu la vie en l’espace de 37 jours. Ces victimes, parmi lesquelles figurent des enfants, opéraient dans des galeries non sécurisées, exposées à la fois aux fortes précipitations qui frappent actuellement la région et à des conditions de travail d’une extrême précarité.
La situation de la zone de Rubaya est complexifiée par son statut sécuritaire. Le site se trouve sous le contrôle du mouvement politico-militaire AFC/M23, une rébellion soutenue par le Rwanda. Kinshasa rappelle que ce périmètre minier est officiellement classé en « zone rouge ». Par conséquent, toute activité d’extraction, de transformation ou de commercialisation des minerais en provenance de cette zone est formellement interdite par l’État.
L’accès à cette région reste fortement limité pour les institutions de la RDC, la sécurité y étant compromise par la présence de la coalition armée. Le gouvernement souligne que la poursuite des activités de creusage constitue une violation directe de la législation congolaise et des normes élémentaires de sécurité.
Face à cette exploitation illégale et dangereuse, les autorités ont annoncé avoir pris des dispositions judiciaires. L’objectif affiché est de faire comparaître devant les juridictions compétentes l’ensemble des acteurs ayant tiré profit, de près ou de loin, de l’extraction de ces minerais. En parallèle, Kinshasa réitère sa volonté de rétablir l’intégrité territoriale du pays, condition présentée comme indispensable pour encadrer légalement le secteur minier, et appelle la communauté internationale à prendre la mesure de ces tragédies survenant sous occupation armée.