Le 11 mai 2026, l’ancien Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga a publié sur X une mise au point pour contester les propos tenus par Emmanuel Macron au sommet « Africa Forward » de Nairobi, où le président français avait jugé que « le Mali n’a pas pris la meilleure décision » en exigeant le retrait des forces françaises. Dans ce texte, Maïga soutient que cette version déforme la chronologie et le sens des faits tels qu’il les présente.
Il revient d’abord sur la séquence politique ouverte après le coup d’État du 18 août 2020. Maïga affirme qu’Emmanuel Macron avait alors accepté le changement de pouvoir, en déclarant publiquement sur RFI que « le Gouvernement de Bah N’Daou est en train de réussir, en trois mois, ce que Ibrahim Boubacar Keïta n’a pu faire en sept ans ». La rupture, écrit-il, serait intervenue après le second changement du 24 mai 2021. Selon lui, le président français aurait voulu désigner lui-même le Président de la Transition et le Président du Conseil national de Transition, ce que les autorités maliennes ont refusé.
Maïga soutient ensuite qu’en réaction, Emmanuel Macron aurait annoncé unilatéralement, « sans préavis », le retrait des forces françaises et leur redéploiement dans la Zone des Trois Frontières. Dans le même fil factuel repris par Lanouvelletribune, l’ancien chef du gouvernement malien affirme que « le Chef de l’État du Mali avait appris cette décision de Macron par les médias, comme un citoyen lambda ». Il rattache à cette même période plusieurs autres désaccords, notamment sur le G5 Sahel, dont il dit que la réunion statutaire revenant au Mali avait été bloquée, et sur la Force Takuba, qu’il décrit comme installée sur le territoire malien sans autorisation des autorités compétentes.
L’ancien Premier ministre ajoute que Ménaka était devenue, à ses yeux, un centre d’entraînement pour les Forces spéciales de plusieurs pays européens, ce qui avait conduit le Mali à en exiger le retrait. Il affirme aussi qu’Emmanuel Macron voulait interdire à Bamako toute coopération avec la Russie et d’autres partenaires stratégiques, une ligne que les autorités maliennes disent avoir rejetée. C’est dans ce cadre qu’il replace sa formule lancée le 25 septembre 2021 à la tribune de l’ONU à New York, lorsqu’il avait déclaré que « la France nous a abandonnés en plein vol », une expression qu’il présente désormais comme « un euphémisme pour dire que la France nous a trahi ».
Maïga inscrit enfin la demande de retrait de la MINUSMA dans la continuité de cette séquence, après « dix ans de présence sans résultats tangibles », avec un retraitïfectif achevé en janvier 2024. Il conclut sa mise au point en affirmant qu’il veut « rétablir la vérité » pour éviter, dit-il, « la manipulation et la falsification des faits », avant de soutenir que le Mali a retrouvé « sa souveraineté, son indépendance et sa dignité ». Le texte rappelle aussi qu’après le départ des forces françaises, Bamako a officialisé sa coopération militaire avec la Russie, avec le déploiement d’instructeurs et de partenaires sécuritaires russes ainsi que l’acquisition de matériel militaire russe.
