Quatre coups de ciseaux pour récupérer ce cadeau : l’ex-lutteur « Bombasse » face à la chambre criminelle

L’ancien lutteur Alioune Ndiaye, plus connu sous le pseudonyme de « Bombasse », a comparu ce mardi devant la chambre criminelle de Dakar. Accompagné de son voisin Habibou Diagne, il devait répondre de faits de violence d’une rare intensité survenus il y a près de six ans aux HLM Grand-Yoff. Si l’affaire avait initialement été qualifiée de tentative de meurtre, les débats à la barre ont permis de retracer l’enchaînement exact d’une agression motivée par un différend matériel après une séparation.

Les faits remontent à la fin de journée du 6 août 2020. Selon les informations rapportées par le média Kawtef, l’origine de cette expédition punitive réside dans une rupture sentimentale. Alioune Ndiaye aurait décidé de récupérer un téléphone portable qu’il avait offert à sa compagne, Khady Barro, peu de temps avant que celle-ci ne mette un terme à leur relation. Pour parvenir à ses fins, l’ancien lutteur a sollicité l’appui de son voisin, Habibou Diagne.

D’après les éléments de l’enquête évoqués lors de l’audience, les deux hommes ont pris la jeune femme en chasse dans les rues de Grand-Yoff. Tentant de leur échapper, Khady Barro a trouvé refuge à l’intérieur de l’atelier d’un tailleur nommé Ndiawar Boye. C’est dans ce commerce qu’Alioune Ndiaye lui aurait asséné quatre coups de ciseaux, provoquant son effondrement. La gérante de l’atelier a dû s’interposer physiquement, parvenant à maîtriser Habibou Diagne pendant que l’auteur principal des coups prenait la fuite.

Face aux juges, les versions des deux accusés se sont lourdement contredites. Habibou Diagne, mécanicien de profession, a reconnu sa présence sur les lieux de l’altercation mais a nié toute participation active, affirmant ignorer la nature de l’arme utilisée. Le parquet a cependant rappelé que lors de l’instruction, ce dernier avait explicitement déclaré que son coaccusé s’était armé de ciseaux dans le but précis de récupérer le téléphone offert. De son côté, Alioune Ndiaye, dont le casier judiciaire mentionne déjà trois condamnations pour vol, a opté pour la dénégation totale. Il a soutenu qu’il se trouvait dans la ville de Touba le jour des faits, qu’il ne connaissait pas la victime et qu’il n’avait rencontré Habibou Diagne qu’en prison — une dernière affirmation immédiatement démentie par le mécanicien qui a confirmé leur voisinage aux HLM Grand-Yoff.

Bien que la plaignante ait été absente à l’audience, le représentant du ministère public s’est appuyé sur ses dépositions initiales et sur un certificat médical attestant de quatre plaies horizontales. Estimant que la volonté de tuer n’était pas formellement établie, le procureur a demandé la requalification des faits en coups et blessures volontaires avec préméditation. Il a requis une peine de quatre ans de prison ferme à l’encontre d’Alioune Ndiaye, et de deux ans ferme contre Habibou Diagne pour complicité.

La défense, assurée par Me Martin Diatta, a plaidé l’acquittement au bénéfice du doute, s’appuyant sur l’absence de la victime à la barre et sur les incohérences du dossier. La chambre criminelle rendra son verdict le 24 mars 2026.

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