Qualifié d’instrument du régime : le géant de la vidéo ciblé par Al Jazeera après le blocage de ses flux en Israël

La confrontation entre le gouvernement israélien et le réseau médiatique qatari franchit un nouveau palier, impliquant désormais les acteurs majeurs de la tech mondiale. Alors que les tensions sur le terrain se doublent d’une guerre de l’information, une décision technique prise par une plateforme de diffusion vidéo de premier plan vient modifier l’accessibilité de l’information dans la région.

Ce développement intervient quelques jours après une mesure administrative prolongeant les restrictions imposées au média, soulevant une vive réaction de la part de la chaîne qui invoque les principes internationaux de liberté d’expression.

**Une conformité dénoncée par le groupe médiatique**

Selon les informations rapportées par notre source, Al Jazeera, la plateforme YouTube a procédé au blocage de ses flux en direct sur le territoire israélien. Cette coupure concerne les canaux arabes et anglais, ainsi que la chaîne Al Jazeera Mubasher. Cette mise en application des directives israéliennes est devenue effective mercredi, marquant l’alignement du géant américain sur la législation locale.

La réaction du groupe basé à Doha ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué publié jeudi, la chaîne condamne fermement ce qu’elle considère comme un manquement aux « Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme ». Pour le média, les entreprises technologiques mondiales ont le devoir de résister aux pressions gouvernementales qui conduisent à « la dissimulation de la vérité ».

**Le contexte légal et sécuritaire**

Cette interruption de service fait suite à une décision du ministre israélien des Communications, Shlomo Karahi, ordonnant une extension de 90 jours de l’interdiction des activités du réseau en Israël. Cette mesure s’appuie sur une loi votée par la Knesset, souvent désignée comme la « loi Al Jazeera », permettant la fermeture temporaire de diffuseurs étrangers jugés menaçants pour la sécurité nationale.

Al Jazeera avertit que cette docilité des plateformes risque de les transformer en « instruments de régimes hostiles à la liberté ». Le groupe souligne que cette escalade s’inscrit dans un schéma plus large de restrictions, incluant la fermeture de ses bureaux à Ramallah en septembre dernier et la confiscation de matériel.

**Un lourd tribut humain**

Au-delà de la bataille numérique, le conflit pèse lourdement sur les équipes de la chaîne. Depuis le début de l’offensive sur Gaza en octobre 2023, plus de 270 journalistes et travailleurs des médias ont perdu la vie, selon les chiffres avancés par le réseau. Parmi eux figure le correspondant Anas al-Sharif, tué en août lors d’une frappe sur une tente de presse à Gaza City.

Face à ce nouveau verrouillage numérique, Al Jazeera appelle YouTube et les autres acteurs du secteur à lever immédiatement ces blocages, exhortant les organisations de défense des droits de l’homme à se mobiliser contre ce ciblage médiatique.

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