Le vice-président de l’ONG islamique Jamra, Mame Mactar Guèye, a salué l’adoption en Conseil des ministres d’un projet de loi modifiant la loi n°65-60 du 21 juillet 1965 portant Code pénal, notamment son article 319. Une réforme qu’il qualifie « d’avancée pénale significative ».Ou encore « une réponse ferme face à une impunité croissante «
Adopté ce mercredi 18 février 2026 en Conseil des ministres, le texte vise à revoir le dispositif répressif encadrant les actes qualifiés « d’impudiques ou contre nature » entre personnes de même sexe, actuellement punis par l’article 319, alinéa 3, issu de la loi n°66-16 du 12 février 1966. En l’état, ces faits sont passibles d’un à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de 100 000 à 1 500 000 francs CFA, avec application systématique de la peine maximale lorsque les faits concernent un(e) mineur(e) de 21 ans.
Selon Mame Mactar Guèye, le gouvernement a opté pour « une démarche similaire à celle ayant prévalu pour la criminalisation du viol », en privilégiant un projet de loi porté par l’Exécutif plutôt qu’une proposition parlementaire. Il rappelle qu’en 2020, la loi n°2020-05 criminalisant le viol et la pédophilie, adoptée par l’Assemblée nationale puis promulguée le 10 janvier 2020, avait instauré des peines pouvant aller « jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité », avec « une indéniable force dissuasive ».
Le responsable de Jamra souligne que son organisation avait déjà déposé, le 6 mai 2016, une proposition de loi portant criminalisation du « gordjiguénisme », par l’entremise du député Amadou Mberry Sylla. « Nous avions pris le soin de citer nommément les infractions visées », affirme-t-il, évoquant « l’homosexualité, le lesbianisme, la zoophilie, la nécrophilie et assimilées ».
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Dans sa nouvelle mouture, le projet présenté en Conseil des ministres prévoit, selon lui, « une définition plus précise des faits incriminés », assortie « d’un durcissement des sanctions pénales ». Il inclurait également « des mesures répressives contre l’apologie et le financement de ces actes ».
« Jamra valide ce texte de loi, qui prend largement en compte nos préoccupations relatives à la nécessité d’intensifier les sanctions pénales », déclare Mame Mactar Guèye, estimant que ces pratiques « semblaient se prévaloir d’une certaine impunité ».
Le texte devrait, selon toute vraisemblance, être soumis prochainement à l’Assemblée nationale pour adoption définitive.
Citant le philosophe français Blaise Pascal, le vice-président de Jamra conclut : « La justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique. Il faut que la justice soit forte et que la force soit juste. »
