Les relations économiques entre Washington et Caracas franchissent une nouvelle étape. Dans le sillage de l’opération militaire de janvier dernier ayant visé l’ancien dirigeant Nicolas Maduro, l’administration américaine accentue sa stratégie d’accès aux ressources naturelles sud-américaines. Une récente rencontre au sommet vient de sceller un nouvel engagement matériel entre les deux pays.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le secrétaire américain à l’Intérieur, Doug Burgum, s’est entretenu à Caracas avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez. À l’issue de ces échanges, il a été officiellement annoncé que les autorités vénézuéliennes soumettront dans les prochains jours au Parlement une proposition visant à réformer les lois minières du pays.
Cette démarche s’inscrit dans une volonté directe de Donald Trump d’augmenter la production pétrolière et l’extraction de minerais au Venezuela. Doug Burgum, qui a qualifié les opportunités de collaboration d’« illimitées », était accompagné de représentants d’une dizaine d’entreprises américaines. Ces investisseurs cherchent à obtenir un accès facilité aux réserves massives du sous-sol vénézuélien, riche en or, cuivre, diamants et coltan.
Cette révision législative intervient dans un climat de pression diplomatique et économique. Depuis l’intervention militaire du 3 janvier — une opération qualifiée de violation manifeste du droit international par des experts des Nations Unies —, Donald Trump revendique ouvertement un droit d’accès aux ressources du pays, qualifiant les précédentes nationalisations de « plus grand vol de l’histoire de l’Amérique ».
Delcy Rodriguez avait déjà accédé à certaines exigences de Washington. Fin janvier, elle a promulgué une loi élargissant l’investissement privé dans l’industrie pétrolière d’État et transféré au moins 50 millions de barils de brut à l’administration américaine. Ces concessions font suite à des déclarations de Donald Trump qui avait averti, lors d’une interview accordée au magazine The Atlantic, que la dirigeante paierait « un très lourd tribut » si elle ne coopérait pas. Le ton s’est depuis apaisé, Donald Trump saluant publiquement le travail de Delcy Rodriguez et se félicitant que « le pétrole commence à couler ».
La mission diplomatique américaine au Venezuela présente cette visite de deux jours comme une étape historique d’un plan en trois phases visant à sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques. Face à ce rapprochement, des voix critiques invoquent le droit international, qui garantit la souveraineté permanente des États sur leurs richesses naturelles. Sur le terrain, une restructuration du secteur minier est également présentée comme une nécessité sécuritaire, l’exploitation informelle actuelle ayant causé la mort de 14 personnes lors de l’effondrement d’une mine d’or en octobre dernier.
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