Les efforts de médiation s’intensifient pour mettre un terme au conflit entre Washington et Téhéran. Alors qu’une délégation pakistanaise de haut niveau se trouve en Iran, les négociations achoppent encore sur des détails liés au programme nucléaire iranien et au maintien du blocus maritime.
Le chef d’état-major de l’armée pakistanaise, Asim Munir, a été reçu à Téhéran par le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, afin de transmettre des messages en provenance de Washington. Cette diplomatie navette vise à préparer un second cycle de pourparlers, à la suite des discussions qui se sont tenues à Islamabad le week-end dernier. Parallèlement, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a entamé une tournée en Arabie saoudite, au Qatar et en Turquie. Cette stratégie vise à obtenir des soutiens régionaux et à neutraliser les détracteurs d’un éventuel accord de paix, présents tant à Washington qu’à Téhéran ou en Israël.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, des responsables pakistanais s’attendent à des avancées majeures, bien qu’un obstacle principal persiste sur le volet nucléaire. Les négociateurs tentent de trouver un compromis sur la durée d’un gel de l’enrichissement d’uranium par l’Iran, les deux camps campant sur des positions allant de cinq à vingt ans sans enrichissement. L’autre enjeu majeur concerne le sort des 440 kilogrammes d’uranium hautement enrichi détenus par la République islamique. Les alternatives étudiées incluent l’expédition de ce matériel vers un pays tiers, sa réduction à l’état d’uranium naturel, ou son abaissement à un taux d’enrichissement de 3 %.
Malgré l’instauration d’un cessez-le-feu le 8 avril, qui a mis fin aux frappes directes consécutives au déclenchement du conflit fin février, les pressions demeurent. Le président Donald Trump a affiché son optimisme, déclarant que le monde devait s’attendre à « deux jours exceptionnels » et que la guerre était sur le point de s’achever. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a pour sa part qualifié les échanges de productifs.
Sur le terrain militaire, la situation reste tendue. Le blocus naval imposé par les États-Unis sur les ports iraniens dans le détroit d’Ormuz est toujours en vigueur, le commandement central américain affirmant avoir refoulé neuf navires. L’armée iranienne dénonce cette mesure comme une violation du cessez-le-feu. En riposte, Ali Abdollahi, commandant de l’état-major interarmées iranien, a menacé d’interrompre totalement le commerce maritime à travers la mer Rouge, le Golfe et la mer d’Oman si Washington ne procède pas à la levée de ce blocus.