Pourparlers avec l’Iran : l’instruction radicale envoyée au personnel de l’ambassade américaine en Israël

Alors que les négociations sur le programme nucléaire iranien se poursuivent en Europe, le climat se crispe brutalement entre Washington et Téhéran. Face à la lenteur des pourparlers, l’administration américaine multiplie les avertissements, tandis qu’une directive inattendue vient d’être communiquée aux représentations diplomatiques au Moyen-Orient.

Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, l’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, a adressé un courriel formel à son personnel pour les autoriser à quitter le pays. Le diplomate a souligné que ceux qui choisissent de partir « devraient le faire AUJOURD’HUI », tout en précisant qu’il n’y a « pas lieu de paniquer ». Cette directive a été suivie d’un avis public de l’ambassade américaine à Jérusalem, invoquant des « risques pour la sécurité » liés au « terrorisme et aux troubles civils », et conseillant aux ressortissants d’emprunter les vols commerciaux encore disponibles.

Cette alerte sécuritaire coïncide avec une prise de parole directe de Donald Trump. Depuis les pelouses de la Maison-Blanche, le président américain a exprimé son mécontentement face au troisième cycle de discussions indirectes qui vient de s’achever en Suisse. « Je ne suis pas satisfait du fait qu’ils ne soient pas disposés à nous donner ce que nous devons obtenir », a-t-il déclaré vendredi. Interrogé sur l’éventualité d’une intervention armée, il a ajouté : « J’aimerais ne pas l’utiliser [l’armée], mais parfois il le faut. Nous verrons ce qui se passera. »

Sur le plan diplomatique, le département d’État a annoncé que le secrétaire d’État Marco Rubio se rendra en Israël les 2 et 3 mars. Il s’agira de son cinquième déplacement dans le pays depuis sa prise de fonction. Les échanges porteront sur les relations avec l’Iran et le Liban, ainsi que sur l’application du plan en 20 points de Donald Trump pour Gaza. Cette visite interviendra le jour même de l’ouverture d’un nouveau cycle de négociations prévu en Autriche.

L’hypothèse d’une action militaire s’appuie sur des mouvements stratégiques récents. Depuis janvier, Washington a déployé une importante flotte près des côtes iraniennes, comprenant les porte-avions USS Gerald Ford et USS Abraham Lincoln. Al Jazeera rappelle également qu’en juin dernier, l’armée américaine avait bombardé trois sites nucléaires iraniens lors d’une campagne militaire baptisée « Opération Midnight Hammer ».

De son côté, Téhéran affirme que les positions sont « proches » d’un accord, mais rejette les exigences américaines jugées irréalistes, incluant notamment le démantèlement de son arsenal de missiles balistiques et la rupture de ses liens avec des groupes régionaux comme le Hezbollah. Face à cette montée des tensions, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Turk, a publiquement mis en garde contre les conséquences d’une escalade militaire régionale sur les populations civiles, appelant à ce que « la voix de la raison l’emporte ».

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