Pour s’adjuger la finale du Mondial 2030, l’argument offensif de l’Espagne basé sur le déroulement du dernier match du Sénégal

L’organisation conjointe de la Coupe du Monde 2030 par le Maroc, l’Espagne et le Portugal ne va pas sans frictions internes, notamment concernant l’attribution du match le plus prestigieux du tournoi. Alors que le royaume chérifien affiche ses ambitions pour accueillir la finale à Casablanca, la partie espagnole vient de lancer une offensive médiatique majeure. Pour justifier la primauté de Madrid, un haut dirigeant espagnol n’a pas hésité à utiliser comme contre-exemple l’organisation d’une récente rencontre décisive des Lions.

La bataille diplomatique et sportive pour l’accueil de la finale du Mondial 2030 s’intensifie. Si le dossier est porté conjointement par trois nations, l’unité de façade se fissure dès qu’il s’agit de déterminer le lieu de l’ultime confrontation. Le Maroc mise sur la construction du Grand Stade Hassan II à Casablanca, une enceinte prévue pour accueillir 115 000 spectateurs et livrée fin 2028, pour convaincre la FIFA.

Cependant, l’Espagne entend bien faire valoir son expérience et ses infrastructures existantes. Rafael Louzan, président de la Fédération royale espagnole de football, a profité d’un événement organisé par l’Association de la presse sportive de Madrid pour affirmer sans détour la position de son pays. Selon lui, l’Espagne sera le « leader » de cette édition et la finale « se tiendra ici », bien qu’il n’ait pas précisé si le choix se porterait sur le stade Santiago Bernabeu de Madrid ou le Camp Nou de Barcelone.

Les incidents du match Sénégal-Maroc ciblés

Pour appuyer cette revendication, le dirigeant espagnol a directement remis en cause la capacité organisationnelle de son voisin du sud, en s’appuyant sur des faits récents survenus lors de la Coupe d’Afrique des Nations. Rafael Louzan a spécifiquement pointé du doigt les scènes de désordre observées lors de la finale opposant le Sénégal au Maroc.

Cette rencontre, remportée par le Sénégal (1-0), avait été marquée par des interruptions temporaires de jeu causées par des perturbations en tribunes et des protestations de joueurs. C’est précisément cet aspect sécuritaire que Madrid instrumentalise désormais pour discréditer la candidature de Casablanca.

« Le Maroc subit vraiment une transformation dans tous les sens du terme avec des stades magnifiques », a concédé Rafael Louzan, relayé par Al Jazeera, avant de porter l’estocade : « Nous devons reconnaître ce qui a été bien fait. Mais lors de la Coupe d’Afrique des Nations, nous avons vu des scènes qui nuisent à l’image du football mondial. »

La FIFA temporise

Cette sortie médiatique intervient alors que Faouzi Lekjaa, président de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), avait exprimé dès l’année dernière son souhait de voir une finale contre l’Espagne se jouer à Casablanca. Le parcours des Lions lors de cette compétition continentale se retrouve ainsi, malgré lui, au cœur d’un argumentaire géopolitique sportif.

Pour l’heure, l’instance dirigeante du football mondial reste prudente. La FIFA a indiqué à l’agence Reuters qu’il était prématuré de décider du lieu de la finale pour 2030, rappelant que le site de la finale du Mondial 2026 n’avait été révélé que deux ans avant le tournoi. Ni la FIFA, ni les fédérations marocaine et portugaise n’ont officiellement réagi aux propos tenus par le président de la fédération espagnole.

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Un commentaire

  1. À cette CAN, on a découvert un nouveau trophée :

    la Coupe des Serviettes remportée par des lions herbivore sans contestation, même sans VAR


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