Pour garantir un accord avec les États-Unis, la limite infranchissable fixée par Téhéran sur son programme atomique

Le retour des États-Unis à la table des négociations marque une étape diplomatique significative, mais ne signifie pas pour autant une flexibilité totale de la part de la République islamique. Dans un entretien accordé à la chaîne Al Jazeera, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a posé le cadre strict des échanges actuels, définissant précisément ce qui relève du compromis possible et ce qui demeure non négociable.

Si Téhéran se dit prêt à conclure un « accord rassurant », une ligne rouge majeure a été tracée concernant les capacités techniques du pays.

**Le refus catégorique du « zéro enrichissement »**

Au centre des discussions sur le dossier nucléaire, la question de l’enrichissement de l’uranium cristallise les tensions. Abbas Araghchi a été explicite sur ce point : l’option d’un abandon total de l’enrichissement ne figure pas à l’ordre du jour. Pour le chef de la diplomatie iranienne, cette capacité technologique constitue un « droit garanti » qui doit se poursuivre, indépendamment des pressions extérieures.

« Même les bombardements n’ont pas réussi à détruire nos capacités », a-t-il rappelé, soulignant la résilience du programme national. L’Iran se montre toutefois disposé à instaurer des mécanismes de confiance pour parvenir à un résultat équitable, tant que le droit à l’enrichissement n’est pas remis en cause. Le niveau de cet enrichissement restera déterminé par les besoins du pays, avec la garantie que l’uranium ne quittera pas le territoire.

**Le programme balistique exclu des pourparlers**

Outre le volet nucléaire, la question des missiles balistiques iraniens est souvent soulevée par les puissances occidentales. Sur ce sujet, la position de Téhéran est sans équivoque : le programme est strictement défensif et n’est pas négociable, « ni aujourd’hui ni à l’avenir ».

Cette mise au point intervient dans un contexte régional volatil. Abbas Araghchi a tenu à rassurer les pays limitrophes en précisant la doctrine militaire de son pays. En cas de conflit ou d’attaque, la riposte iranienne ciblerait spécifiquement les bases militaires américaines présentes dans la région, et non les États voisins. « Il y a une grande différence », a-t-il insisté, tout en reconnaissant que la possibilité d’une guerre « existe toujours » malgré les efforts pour l’éviter.

**Une diplomatie indirecte mais active**

Les échanges entre Téhéran et Washington, bien qu’indirects, ont repris une dynamique concrète. Le ministre iranien a qualifié les récentes discussions de « bon point de départ », évoquant même l’image d’une « poignée de main » avec la délégation américaine à distance. Ces pourparlers, qui visent à surmonter un profond climat de méfiance, pourraient se poursuivre prochainement à Mascate, au Sultanat d’Oman.

Selon Anadolu, le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, a confirmé le sérieux de ces échanges, qui ont permis de clarifier les positions respectives après des semaines de tensions exacerbées par des menaces d’action militaire.

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