Ponctions salariales au Sénégal : le G7 prépare une plainte contre l’État devant une instance internationale

Le bras de fer entre les syndicats d’enseignants et l’État du Sénégal franchit une nouvelle étape. Réunis autour du G7, les organisations syndicales les plus représentatives du secteur éducatif ont tenu une conférence de presse le vendredi 13 mars pour dénoncer l’enlisement de la crise scolaire. Face à des ponctions opérées sur les revenus des grévistes, les enseignants ont décidé d’orienter leur riposte au-delà des frontières nationales.

Lors de cette rencontre, le secrétaire général du Syndicat des enseignants libres du Sénégal (SELS), Amidou Diédhiou, a annoncé le dépôt prochain d’une plainte auprès du Bureau international du Travail (BIT). Cette démarche vise à dénoncer la violation de la Convention 95 de l’Organisation internationale du Travail (OIT), relative à la protection des salaires. Les syndicats qualifient les récentes retenues financières d’« illégales, disproportionnées et arbitraires ». Selon M. Diédhiou, cette mesure constitue « une volonté manifeste du gouvernement du Sénégal d’humilier d’honnêtes travailleurs exerçant un droit constitutionnel ».

Cette saisine d’une instance internationale s’inscrit dans un climat de rupture de dialogue. Selon les informations rapportées par le quotidien Sud Quotidien, le G7 fustige la méthode des autorités étatiques, les accusant de privilégier la provocation et l’intimidation. « Le gouvernement persiste dans le dilatoire et semble opter pour la stratégie du pourrissement », a déclaré le dirigeant syndical. Les revendications du collectif reposent sur deux exigences principales : la matérialisation des accords préalablement signés avec l’État et l’ouverture de négociations sur de nouvelles questions.

La tension sur le terrain reste palpable, illustrée par les rassemblements organisés le 3 mars 2026, notamment à Bignona, où le préfet a refusé de réceptionner le mémorandum des enseignants. Actuellement engagé dans son sixième plan d’action, le G7 a formellement désigné le gouvernement comme l’unique responsable des éventuelles perturbations qui pourraient affecter le déroulement de l’année scolaire 2025-2026.

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