Pomme de terre en souffrance : la décision ministérielle que les maraîchers des Niayes exigent sans délai

Dans la zone des Niayes, le bassin horticole fait face à une production de pommes de terre qui peine à trouver preneur. Alors que le ministère de l’Industrie et du Commerce a acté une décision pour réguler le marché face à la concurrence des agro-industriels, le calendrier retenu par les autorités suscite l’inquiétude des petits exploitants, pressés par des impératifs financiers.

Les associations d’horticulteurs réclament la suspension immédiate de la commercialisation de la pomme de terre par les acteurs de l’agrobusiness. Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, le ministère de tutelle, via une lettre circulaire datée du 25 février 2026, a programmé cette suspension au 28 février, jusqu’à nouvel ordre. Une échéance jugée trop lointaine par les producteurs locaux qui demandent une anticipation de la mesure pour écouler leurs stocks.

Mbaye Ndoye, président de l’Association des producteurs maraîchers de Kayar (APMK), souligne un décalage entre les engagements initiaux et l’acte ministériel. Lors d’un point de presse, il a indiqué qu’à l’issue de plusieurs réunions avec l’Agence de régulation des marchés (ARM), le retrait des industriels du marché avait été arrêté au 15 février. Ce maintien prolongé des ventes industrielles laisse de grandes quantités de pommes de terre en souffrance au niveau de la plateforme, sans acheteurs potentiels.

L’urgence de la situation repose sur une asymétrie d’infrastructures. Les acteurs de l’agrobusiness disposent de chambres froides leur permettant de stocker et conserver leurs récoltes, un avantage logistique dont sont dépourvus les petits exploitants.

À cette contrainte de stockage s’ajoute la pression des institutions financières. Les horticulteurs, ayant contracté des prêts pour financer leur campagne, font face aux exigences de remboursement, un engagement directement menacé par la mévente actuelle. Avant la mobilisation de Kayar, ce même plaidoyer en faveur d’un arrêt immédiat des ventes industrielles avait déjà été porté mardi par les maraîchers de Notto Gouye Diama.

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