Le vainqueur pro-européen des élections législatives hongroises, Peter Magyar, a annoncé lundi un changement de cap dans la politique d’asile du pays. Au lendemain de sa victoire, il a déclaré que Budapest cesserait de protéger les personnalités recherchées à l’étranger, remettant en cause les garanties offertes par son prédécesseur Viktor Orban.
Lors d’une conférence de presse, Peter Magyar a affirmé que le pays ne servirait plus de refuge. « La Hongrie ne sera plus un dépotoir pour les criminels recherchés au niveau international », a-t-il déclaré, selon les informations rapportées par Insider Paper. Cette décision implique la levée de la protection dont bénéficiaient plusieurs responsables politiques étrangers sous l’ancien gouvernement.
Notre rédaction a identifié trois figures principales concernées par cette mesure. Parmi elles, l’ancien dirigeant de la Macédoine du Nord, Nikola Gruevski, réside en Hongrie depuis 2018 malgré une condamnation pour corruption dans son pays d’origine. Deux anciens responsables polonais sont également visés par cette nouvelle orientation.
L’ex-ministre polonais Marcin Romanowski, qui avait obtenu l’asile politique à Budapest pour échapper à une détention provisoire, est soupçonné d’avoir détourné près de 40 millions d’euros. De son côté, l’ancien procureur général de Pologne, Zbigniew Ziobro, encourt jusqu’à 25 ans de réclusion. Il est accusé d’avoir réaffecté des fonds initialement destinés aux victimes d’actes criminels pour financer l’achat de logiciels espions, présumément utilisés pour surveiller ses opposants politiques.
Peter Magyar a justifié cette décision en invoquant des principes d’équité et de réciprocité diplomatique. « Nous attendons la même chose des autres pays européens », a-t-il précisé lors de son intervention.