La situation sanitaire dans le sud du pays atteint un point de rupture critique. Réunie face à la presse ce 18 février 2026, l’intersyndicale des hôpitaux et du district sanitaire de Ziguinchor a dressé un tableau alarmant du fonctionnement des structures de soins. Au-delà des constats habituels sur le manque de moyens, les syndicalistes ont mis en lumière une série de blocages financiers précis qui, cumulés, placent les établissements dans une impasse budgétaire inédite.
Selon nos informations, relayées par Emedia, le diagnostic posé par les partenaires sociaux révèle une asphyxie financière à plusieurs niveaux. Le premier point de tension concerne les engagements directs de l’État et des collectivités locales. Les deux hôpitaux de la région attendent toujours le versement de la dernière tranche de la subvention d’exploitation de l’année 2025. Une situation aggravée au niveau du district sanitaire, qui n’a pas perçu les fonds de dotation de la commune, théoriquement dus depuis novembre 2025.
**Un manque à gagner chiffré et un blocage administratif**
Au cœur de cette crise de trésorerie, l’intersyndicale pointe un dysfonctionnement administratif majeur : le rejet systématique des factures liées à la prise en charge des fonctionnaires (imputations budgétaires). Ce blocage technique a des répercussions comptables lourdes. Les responsables syndicaux estiment le manque à gagner à plus de 100 millions de francs CFA pour chaque hôpital. Ces ressources, aujourd’hui gelées, sont pourtant essentielles pour régler les fournisseurs et éviter les ruptures d’intrants médicaux.
Les inquiétudes se portent également sur l’exercice en cours. La première tranche de la subvention 2026 n’a pas encore été libérée, et les acteurs de la santé redoutent une révision à la baisse des montants alloués. « Nous voulons que l’État comprenne que la santé n’est pas une charge, mais un investissement stratégique », a martelé Siméon Faye, Secrétaire général du Syntras et porte-parole du jour.
**Retards de salaires et promesses d’infrastructures**
Les conséquences de cette tension budgétaire se répercutent directement sur le personnel. L’intersyndicale dénonce un retard de six mois dans le paiement des augmentations salariales des contractuels, en dépit du protocole d’accord signé avec l’État. À cela s’ajoute le non-versement des cotisations patronales à l’IPRES, compliquant l’accès aux pensions pour les agents partis à la retraite.
Sur le plan technique, l’absence de Budget Consolidé d’Investissement (BCI) depuis plusieurs exercices a laissé le plateau technique se dégrader. Les syndicats réclament des équipements de dernière génération, notamment une IRM, et rappellent la promesse du Président Bassirou Diomaye Faye d’ériger un établissement de niveau 4 dans la région.
Pour l’heure, l’intersyndicale privilégie la voie de la concertation mais exige des « actes concrets et rapides » pour éviter une paralysie totale du système de santé à Ziguinchor.