L’Assemblée nationale du Sénégal réagit vivement aux tensions budgétaires avec le gouvernement, d’après un communiqué officiel publié le 5 novembre 2026 par Alphonse Mané Sambou, Président de la Commission des Finances et du Contrôle Budgétaire. Après le rejet du PLFR 2026, l’Assemblée nationale sort les griffes contre le ministre des Finances: « Aucune tentative de manipulation ».
Ce communiqué apporte des éclaircissements à la suite des déclarations du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan (MEFP), après le rejet historique du Projet de loi de finances rectificative pour l’année 2026 (PLFR 2026) survenu le mardi 3 novembre 2026.
Voici la synthèse des principaux points développés dans ce communiqué :
La demande de retrait du projet de budget 2027 (PLFI 2027)
À la suite du rejet du PLFR 2026 par les députés, le Président de la Commission a formellement invité le gouvernement à retirer le Projet de loi de finances initial pour 2027 (PLFI 2027).
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Selon le communiqué, cette démarche répond à une anomalie juridique majeure : le budget prévisionnel de 2027 a été adossé aux chiffres et aux hypothèses d’un correctif budgétaire 2026 qui a précisément été rejeté et n’a donc aucune existence légale.
« Le paradoxe a été d’élaborer un projet de loi de finances de l’année 2027 (PLFI 2027) en prenant comme base de référence un projet de loi de finances rectificative de l’année précédente (PLFR 2026) alors que l’Assemblée nationale ne s’était pas encore prononcée sur cette dernière. »
Le calendrier et l’absence de contradiction
La Commission rejette fermement l’idée d’une contradiction entre sa demande de retrait et la poursuite des travaux parlementaires. Elle rappelle qu’elle est soumise à un impératif constitutionnel (l’article 68) lui imposant d’examiner le budget dans un délai de 60 jours au plus après son dépôt (effectué le 12 octobre 2026).
Ne disposant plus que d’« un peu plus d’un mois pour un marathon budgétaire exigeant », la commission annonce démarrer ses travaux sur la base du seul texte dont elle est officiellement saisie.
La régularité de la convocation de la Commission
Le communiqué défend la légalité de la procédure de convocation face aux accusations du ministère. Le texte souligne que l’exécutif était parfaitement représenté lors de la Conférence des Présidents du 3 novembre par M. Bacary Sarr, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement.
« Ainsi, l’exécutif était bien informé 48 h avant le démarrage des travaux des commissions et est mal fondé à parler de « non-respect des délais ». L’amalgame, volontairement entretenu par le ministère, vient d’un léger retard dans l’acheminement de la convocation physique. »
À la suite de ces ajustements, la convocation de la commission a été reprogrammée pour le samedi 7 novembre 2026.
Dénonciation d’accusations d’« obstruction »
La Commission déplore avec force les attaques répétées du ministre de l’Économie, qu’elle qualifie de « propos désobligeants et discourtois à l’égard de la représentation nationale ».
Elle renvoie la responsabilité du blocage sur le ministre lui-même, pointant du doigt « l’opacité dont il a fait preuve et du manque de sincérité du document budgétaire soumis à l’examen ».
Le communiqué ajoute :
« Nous tenons à lui signifier qu’aucune tentative de manipulation de l’opinion n’empêchera l’Assemblée nationale d’effectuer son travail en toute conscience, et conformément à ses prérogatives constitutionnelles. »







