PLFR 2026 : Le Gouvernement obtient le renvoi du texte en commission pour relancer le dialogue

À l’ouverture de la discussion générale sur le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026, le gouvernement, via le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a demandé le renvoi du texte en commission des finances et du contrôle budgétaire. Une démarche que l’Exécutif justifie par les dispositions de l’article 84 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale et par sa volonté de poursuivre le dialogue avec les députés. Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a pris acte de cette proposition du gouvernement, qui vise à relancer le dialogue entre l’Exécutif et les parlementaires.

Après la lecture du rapport de la commission des finances et les observations formulées sur le document, les députés ont entamé la discussion générale. C’est à cette étape que le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a sollicité un renvoi du texte en commission pour des discussions complémentaires.

Prenant la parole à l’ouverture des débats, le ministre a expliqué que cette demande s’inscrivait dans une volonté de préserver le dialogue institutionnel et de rechercher un compromis sur les points de désaccord.

« La situation présente nous invite également à faire preuve de responsabilité, de discernement et de hauteur de vue dans nos relations institutionnelles », a-t-il déclaré devant les députés.

L’article 84 au cœur de la démarche gouvernementale

Pour justifier juridiquement sa requête, Cheikh Diba s’est appuyé sur l’article 84 de la loi organique de 2025 portant règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Cette disposition prévoit notamment la possibilité, au cours de la discussion générale, de présenter une motion préjudicielle visant à renvoyer l’ensemble du texte devant la commission saisie au fond.

Le ministre a rappelé que le renvoi en commission était de droit lorsque la commission compétente ou le représentant du président de la République en faisait la demande, conformément aux dispositions qu’il a citées.

« Nous entendons donc inscrire notre démarche dans le respect du texte, de la procédure parlementaire et des prérogatives des institutions concernées », a-t-il soutenu.

Pour le gouvernement, le recours à cette procédure ne constitue ni un recul ni une tentative de contourner le débat parlementaire. Il s’agit plutôt, selon le ministre, d’utiliser les mécanismes prévus par les textes pour approfondir les discussions et rapprocher les positions.

Un appel au dialogue après les échanges entre les deux parties

Dans son intervention, Cheikh Diba a également fait référence à l’appel au dialogue lancé par le Premier ministre et aux échanges engagés avec la commission des finances et du contrôle budgétaire.

Il a notamment évoqué une lettre adressée au gouvernement le lundi 26 octobre, dans laquelle le président de la commission aurait fait état de questions soulevées dans un mémorandum. Selon son exposé, le ministre chargé des Finances avait répondu favorablement à cette démarche le même jour.

C’est dans ce contexte que l’Exécutif sollicite un retour du texte en commission, afin de poursuivre les discussions « dans les plus brefs délais possibles ».

L’objectif affiché est de permettre aux parlementaires et au gouvernement d’examiner les préoccupations soulevées, d’explorer les possibilités de compromis et de parvenir à une issue jugée acceptable par les deux parties.

Des enjeux budgétaires et économiques majeurs

Au-delà de la procédure parlementaire, le ministre a insisté sur les conséquences économiques et sociales du PLFR 2026. Selon lui, le texte ne saurait être réduit à un simple exercice comptable, puisqu’il engage la capacité de l’État à poursuivre ses politiques publiques et à honorer ses engagements.

« Derrière les arbitrages budgétaires, il y a des objectifs publics à atteindre, des engagements à honorer et des priorités nationales à mettre en œuvre », a-t-il souligné.
Le gouvernement entend ainsi préserver la continuité de l’action publique, tout en recherchant une meilleure soutenabilité des finances publiques.

Ainsi, le ministre a appelé les députés à privilégier la responsabilité et l’intérêt général plutôt que la confrontation.

Il a insisté sur la nécessité d’un dialogue « franc, loyal, sincère et fécond », estimant que les divergences entre institutions ne devaient pas empêcher la recherche de solutions.

« Le Sénégal a besoin d’institutions qui se parlent, qui se respectent et qui savent mobiliser les voies légales pour parvenir à des solutions constructives », a-t-il affirmé.


Le gouvernement souhaite ainsi que le renvoi en commission permette de construire un « consensus dynamique » entre l’Exécutif et le Parlement, tout en préservant les objectifs de la politique publique pour l’année 2026.

En dernière analyse, le ministre Cheikh Diba a officiellement sollicité le renvoi du PLFR en commission des finances et du contrôle budgétaire, appelant les députés à faire de cette séquence une occasion de démontrer leur attachement à la République, au dialogue et au respect des textes.

Et, la suite réservée à cette demande par l’Assemblée nationale, a été positive, parce que le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a pris acte de cette proposition destinée à relancer le dialogue entre l’Exécutif et les parlementaires.

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