Peine de Mort : Cette sanction instrumentalisée par la politique depuis Senghor

Rétablir la peine de mort, c’est une chose, son application, en toute impartialité, en est une autre.  Abolie en 2004, par l’ancien président Abdoulaye Wade, la peine de mort, en vigueur au Sénégal depuis Léopold Sédar Senghor, n’a été appliquée que deux (2) fois et dans des circonstances éminemment politiques.

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Double application de la peine de mort en 1967

En effet, dans l’histoire du Sénégal indépendant, la peine de mort n’a été appliquée qu’à deux reprises : une première fois, le 11 avril 1967, sur la personne d’Abdou Ndaffa Faye qui, le 3 février de la même année, avait tué le député Demba Diop ; une deuxième et dernière fois, le 15 juin 1967, sur Moustapha Lô qui, le 22 mars de cette même année, avait tenté d’assassiner le président de la République d’alors, M. Léopold Sédar Senghor. On se rend compte que dans ces deux circonstances où la peine capitale était appliquée, il s’agissait d’affaires éminemment politiques, pour ne pas dire des règlements de compte. Sinon, comment comprendre  que malgré ces innombrables meurtres atroces au Sénégal, elle n’a été appliquée que deux (2) fois, jusqu’à son abolition en 2004.

Le risque lié au rétablissement de la peine de mort.

Les nombreuses cas de meurtres, ces derniers temps, au Sénégal, incitent la majorité des citoyens à vouloir  le rétablissement de la Peine de mort. Seulement, comme dans le passé, ne sera-t-elle  pas toujours un instrument au bon vouloir des politiciens ? Comme c’est le cas en ce moment, beaucoup de citoyens s’insurgent contre la Crei, affirmant qu’elle n’est « qu’un instrument pour éliminer de potentiels adversaires en politique ».

De ce fait, la vraie question n’est pas le rétablissement de la peine capitale, mais plutôt qui va l’appliquer.

La justice sénégalaise peut-elle garantir une égalité des criminels devant la loi.  Un sujet qui mérite profonde réflexion.

 

 

 

 

 

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