La dégradation de la note du Sénégal intervient dans un contexte de tensions autour du budget. Jeudi 29 octobre, Moody’s a ramené la note souveraine du pays en devises étrangères de Caa2 à Ca, après cinq abaissements consécutifs. Selon l’agence, le faible appui parlementaire aux orientations du Gouvernement, notamment à la restructuration de la dette, risque de rendre plus difficile l’adoption des conditions préalables du programme du FMI. L’accord de 2,2 milliards de dollars conclu au niveau des services avec le Fonds attend encore l’approbation de son conseil d’administration.
La loi de finances rectificative (LFR) 2026 a, elle aussi, essuyé un deuxième refus de la commission des Finances, après le vote du 23 octobre. Mardi, le Gouvernement avait fait renvoyer le texte devant la commission en s’appuyant sur l’article 84 du règlement intérieur, dans l’espoir de parvenir à un accord avec Pastef. Le parti détient 130 des 165 sièges de l’Assemblée nationale. D’après L’Observateur, des députés de Pastef se sont retrouvés à la cafétéria de l’Assemblée avant la séance afin de définir leur stratégie de vote. Le parti n’a pas commenté cette information.
Le groupe parlementaire de Pastef a fait connaître ses griefs dans un communiqué publié vendredi soir et relayé par ndarinfo. Il considère que les éléments fournis par le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan ne répondent pas aux demandes formulées dans le mémorandum adressé par la commission le 26 octobre. Le groupe réclame notamment le rapport du cabinet Forvis Mazars, celui de l’Inspection générale des finances consacré à la dette non financière, le rapport d’exécution budgétaire de septembre 2026 ainsi que la liste des sociétés nationales ayant reçu des transferts cette année. Il reproche au Gouvernement de ne pas avoir transmis ces documents.
Le Quotidien met en garde contre les effets possibles d’une absence d’adoption de la LFR : l’exécution des dépenses publiques, le règlement des arriérés et la capacité de l’État à absorber des chocs extérieurs, notamment énergétiques, pourraient être affectés. Si l’impasse perdure, le journal n’exclut pas un recours aux mécanismes constitutionnels et réglementaires. En Conseil des ministres, le président Bassirou Diomaye Faye avait demandé au Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô, de prendre les dispositions juridiques nécessaires à la mise en œuvre des projets figurant dans la LFR et le projet de budget 2027.
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Lors de la séance de vendredi, seuls 13 des 48 membres de la commission des Finances ont pris la parole devant le ministre Cheikh Diba.


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