« Pas un litre de pétrole » : l’Iran verrouille le détroit d’Ormuz et annonce un tarif record pour le baril

La tension militaire au Moyen-Orient franchit un nouveau palier avec des répercussions directes sur l’économie mondiale. Alors que le conflit opposant les États-Unis et Israël à Téhéran se poursuit, les forces iraniennes ont décidé de durcir leur position sur l’une des voies maritimes les plus stratégiques du globe, provoquant une réaction d’urgence des instances internationales.

Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a annoncé son intention de bloquer intégralement le transit via le détroit d’Ormuz. Un porte-parole du quartier général de Khatam al-Anbiya a précisé mercredi que tout navire lié aux États-Unis, à Israël ou à leurs alliés serait considéré comme une cible légitime, affirmant que « pas un litre de pétrole » ne serait autorisé à passer. Cette décision s’accompagne d’un avertissement économique clair : les autorités iraniennes prédisent un baril de pétrole atteignant les 200 dollars, imputant cette flambée à l’insécurité régionale générée par leurs adversaires.

Sur le terrain, la navigation est déjà lourdement compromise. Des sociétés de sécurité maritime ont recensé mercredi des tirs de projectiles contre trois navires dans le détroit, dont un cargo battant pavillon thaïlandais attaqué à environ 18 kilomètres au nord d’Oman. Cette dynamique s’inscrit dans une escalade régionale continue, marquée par des échanges de tirs ininterrompus depuis le début des hostilités le 28 février.

Face à la paralysie de cette zone par laquelle transite environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en brut, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a déclenché une mesure exceptionnelle. Ses 32 pays membres ont approuvé à l’unanimité le déblocage de 400 millions de barils issus de leurs réserves stratégiques. Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, a justifié cette décision depuis Paris comme une action majeure pour atténuer les chocs immédiats sur les marchés, tout en soulignant que la véritable stabilité dépendra de la reprise du trafic à travers le détroit d’Ormuz.

Les États membres ont rapidement commencé à détailler leurs contributions. Le Japon s’est engagé à libérer environ 80 millions de barils dès lundi pour sécuriser ses approvisionnements, tandis que l’Allemagne et l’Autriche ont également confirmé la mobilisation de leurs stocks d’urgence. Christian Bueger, expert en sécurité maritime à l’Université de Copenhague interrogé par Al Jazeera, prévient que l’Europe s’expose à une crise énergétique majeure si la situation perdure. Cette configuration illustre une stratégie de Téhéran consistant à générer une pression maximale sur les marchés mondiaux afin de peser sur l’issue du conflit.

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