Parapublic au Sénégal : la réforme de Diomaye vise les DG, mais laisse les conseils en retrait

Le 20 mai 2026, Bassirou Diomaye Diakhar Faye a décidé de rendre systématique l’évaluation des directeurs généraux des entités parapubliques sénégalaises. Dans une contribution publiée par Lactuacho, Lansana Gagny Sakho présente cette mesure comme un tournant dans la gestion d’un secteur qui regroupe plus de 180 agences d’exécution, établissements publics et sociétés nationales.

L’auteur rappelle que ces structures mobilisent des ressources publiques importantes, alors que leurs résultats n’étaient pas, selon lui, appréciés de manière régulière. Il relève que les contrats de performance et les indicateurs existaient déjà dans les documents de planification, mais sans différence nette, dans les faits, entre les gestionnaires jugés performants et ceux considérés comme défaillants. La décision prise en Conseil des ministres introduit trois leviers : des revues de performance gouvernementales tous les quinze jours, l’obligation pour chaque ministre d’évaluer les directeurs généraux et directeurs relevant de sa tutelle ou de son contrôle, et l’extension de cette exigence aux chefs de circonscription administrative, aux chefs de mission diplomatique et consulaire, ainsi qu’aux maires et présidents de conseil départemental.

Ce cadrage rejoint les instructions déjà données lors du Conseil des ministres du 20 mai 2026, où le chef de l’État avait demandé un suivi plus serré de l’action gouvernementale et fixé la tenue du Conseil des ministres tous les quinze jours. Dans sa contribution, Lansana Gagny Sakho compare cette orientation à des dispositifs mis en avant au Rwanda, au Canada et en France, en citant respectivement les contrats de performance Imihigo, le cadre de mesure du rendement des agences fédérales et la LOLF de 2001.

Le point de tension soulevé dans cette analyse concerne toutefois les organes délibérants. L’auteur estime que la réforme cible les directeurs généraux, mais laisse de côté les conseils d’administration, conseils de surveillance et autres instances chargées d’approuver les plans stratégiques, de valider les budgets et de contrôler la conformité des décisions. Il soutient qu’un organe délibérant peu préparé, peu présent ou clientélisé peut neutraliser l’action d’un directeur général, même lorsque celui-ci remplit ses objectifs.

La contribution insiste aussi sur le rôle des lettres de politique sectorielle. Selon Lansana Gagny Sakho, ce document permet à chaque ministre de traduire la vision nationale en priorités opérationnelles, de fixer les indicateurs attendus et de poser les bases de la redevabilité des services et entités sous tutelle. Il ajoute que l’alignement de ces lettres avec le Plan de Transformation Sénégal 2050 devrait accompagner l’évaluation des directeurs généraux et celle des organes délibérants. Le Conseil des ministres du 20 mai 2026 a également arrêté la tenue d’audiences individuelles du 21 au 31 mai pour le Dialogue national, en remplacement des grandes rencontres publiques prévues pour le 28 mai.

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