Le climat social au sein de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) connaît une brusque détérioration marquée par une double offensive de la direction générale. Alors que le dialogue semblait être la voie privilégiée par les partenaires sociaux, la gestion des acquis du personnel et le traitement des voix dissidentes ont pris une tournure qui inquiète l’Union Nationale des Syndicats de l’Audiovisuel et des Services (UNSAS). Le syndicat dénonce une méthode de rupture qui s’éloigne des normes du Code du Travail.
L’élément déclencheur de cette crise ouverte est la décision prise par le Directeur général, Pape Alé Niang, de suspendre unilatéralement l’accord d’entreprise. Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, ce document cadre, résultat de longues négociations passées, régissait jusqu’ici les avantages et les conditions de travail des agents. Pour l’UNSAS, cette suspension constitue une remise en cause directe d’un « acquis social fondamental ». Le syndicat estime que cette mesure viole les dispositions légales en vigueur et menace concrètement le pouvoir d’achat ainsi que la motivation des employés de la chaîne publique.
La tension est montée d’un cran supplémentaire avec le déplacement du conflit sur le terrain judiciaire. Plusieurs figures du mouvement syndical ont reçu des convocations pour se présenter à la Section de recherches de la gendarmerie de Colobane. Les responsables concernés, identifiés comme Youssouf Kaba, Mama Moussa Niang, Thierno Dramé, Alioune Badara Kane et Abibou Mbaye, sont tous des délégués du personnel. Ils sont soupçonnés par la direction d’être les instigateurs des contestations internes qui secouent la maison.
Face à ce qu’elle qualifie de « tentative d’intimidation », l’UNSAS a tenu à rappeler que ces actions ne suffiront pas à éteindre les revendications. L’organisation syndicale privilégie une résolution des différends par le dialogue social plutôt que par la coercition ou les procédures judiciaires. Elle a par ailleurs lancé un appel direct aux plus hautes autorités, sollicitant l’intervention du Président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre pour rétablir la sérénité. « La gestion d’une entreprise publique nécessite un équilibre entre réformes administratives et dialogue social, sans préjudice des avantages acquis par le personnel », a martelé le syndicat, avertissant que la volonté de rupture managériale ne doit pas se traduire par une négation des droits des travailleurs.
Il faut bien mâter ces syndicalistes indélicats. Allez PAN !!!