Le deuxième vendredi du mois de Ramadan s’est déroulé sous un dispositif sécuritaire rigide dans la partie occupée de Jérusalem-Est. Alors que les autorités israéliennes avaient mis en place des mesures strictes pour limiter drastiquement l’accès à l’esplanade des Mosquées, la mobilisation des fidèles palestiniens a largement déjoué le cadre officiel imposé.
Malgré un plafond fixé à seulement 10 000 permis quotidiens par Israël, ce sont environ 100 000 fidèles palestiniens qui ont pu accomplir la prière du vendredi dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa. Ce chiffre, rapporté par la chaîne Al Jazeera, illustre l’écart entre les restrictions annoncées et la réalité de l’affluence, dans un contexte où le parcours pour atteindre le lieu saint a nécessité le franchissement de nombreux filtres sécuritaires.
Pour contrôler les entrées, les forces israéliennes ont appliqué des critères d’âge sélectifs. Seuls les hommes de plus de 55 ans, les femmes de 50 ans et plus, ainsi que les enfants de moins de 12 ans accompagnés d’un proche, étaient autorisés à se présenter. À ces conditions s’ajoutaient des procédures de vérification numérique obligatoires aux points de passage, notamment au poste de contrôle de Qalandiya, situé au nord de Jérusalem en Cisjordanie occupée. Parallèlement, 280 résidents de Jérusalem, parmi lesquels des figures religieuses, des journalistes et d’anciens prisonniers, ont reçu une interdiction formelle d’accès au site.
Cependant, la détention d’une autorisation officielle n’a pas systématiquement garanti l’entrée. Plusieurs Palestiniens munis du document requis ont été refoulés par les soldats israéliens aux différents points de contrôle. C’est le cas de Najati Oweida, venu d’Hébron, ou encore de l’épouse d’Ali Nawas, bloquée au poste de Qalandiya après plus d’une heure de route depuis Naplouse, contraignant le couple à rebrousser chemin.
Ces mesures de restriction s’inscrivent dans un climat de tension accrue depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023. Du côté palestinien, la limitation de l’accès à Al-Aqsa durant le Ramadan est perçue comme une démarche visant à effacer l’identité culturelle de Jérusalem-Est occupée, un territoire que les Palestiniens revendiquent comme la capitale de leur futur État.