Pakistan : la justice clôt le dossier le plus médiatisé du mouvement #MeToo par une sanction financière inédite

Le dossier le plus emblématique du mouvement #MeToo au Pakistan vient de connaître un tournant judiciaire majeur. Six ans après des accusations publiques ayant secoué l’industrie musicale du pays, un tribunal a rendu sa décision, assortie d’une sanction financière et d’une interdiction stricte.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, la justice de Lahore a statué en faveur du chanteur Ali Zafar dans le procès en diffamation qui l’opposait à l’artiste Meesha Shafi. Cette dernière a été condamnée mardi à verser 5 millions de roupies pakistanaises (environ 17 900 dollars) de dommages et intérêts.

Le jugement, consulté par la presse locale, établit que les publications sur les réseaux sociaux et les interviews accordées par Meesha Shafi en 2018 contenaient des imputations « fausses, diffamatoires et injurieuses ». Le tribunal a estimé que les allégations de harcèlement sexuel physique n’ont pas été prouvées. En conséquence, une ordonnance interdit définitivement à la chanteuse de répéter ou de publier ces accusations sous quelque forme que ce soit.

L’affaire avait éclaté en avril 2018, lorsque Meesha Shafi avait publié une série de messages accusant Ali Zafar de harcèlement sexuel à de multiples reprises. Ces déclarations s’inscrivaient dans le sillage mondial du mouvement #MeToo. Dès les premières heures, Ali Zafar avait catégoriquement nié les faits, annonçant son intention de porter l’affaire devant les tribunaux pour y répondre légalement.

La décision rendue cette semaine ne marque toutefois pas la fin de ce bras de fer judiciaire. Nighat Dad, l’avocate de Meesha Shafi, a confirmé à Al Jazeera qu’un appel sera interjeté devant la Haute Cour. La défense soutient que le tribunal a mal interprété les preuves et ignoré le contexte juridique, soulignant que la plainte initiale pour harcèlement déposée par sa cliente est toujours en instance devant la Cour suprême.

Ce verdict s’inscrit dans un enchevêtrement de procédures croisées. Ali Zafar avait également initié une procédure pour cybercriminalité, entraînant des poursuites contre plusieurs personnalités publiques ayant soutenu son accusatrice en ligne. De son côté, Meesha Shafi maintient une action civile en diffamation contre le chanteur, une affaire qui suit toujours son cours.

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