Incarcéré depuis août 2023, l’ancien Premier ministre pakistanais se trouve au cœur d’une mobilisation internationale inattendue. Un groupe constitué de figures historiques de sa discipline sportive d’origine a officiellement saisi le gouvernement actuel. Au centre de leur inquiétude ne figure pas uniquement la détention de l’homme politique, mais un rapport médical précis décrivant la dégradation rapide d’un sens vital chez l’ex-capitaine.
C’est une démarche collective rare qui vient placer la situation d’Imran Khan sous les projecteurs internationaux. Selon nos informations, relayées par Al Jazeera, quatorze anciens capitaines de cricket, dont beaucoup ont affronté Khan sur le terrain, ont adressé une lettre ouverte au gouvernement pakistanais. Publiée mardi par des médias australiens, cette missive interpelle directement le Premier ministre Shehbaz Sharif sur les conditions de détention de son prédécesseur.
Les signataires, parmi lesquels figurent des légendes comme Sunil Gavaskar, Kapil Dev, Clive Lloyd ou encore Greg Chappell — rédacteur de la pétition —, réclament une « attention médicale immédiate et adéquate ». Cette intervention survient alors que les rapports sur l’état de santé de l’homme de 73 ans deviennent alarmants.
Une perte de vision quasi totale évoquée
L’élément déclencheur de cette mobilisation réside dans une dégradation physique spécifique. La semaine dernière, un avocat mandaté par le tribunal a affirmé qu’Imran Khan ne possédait plus que 15 % de vision à l’œil droit. Selon ce rapport juridique, l’ancien dirigeant aurait souffert d’une perte de vue rapide et substantielle au cours des trois derniers mois, les autorités ayant prétendument ignoré ses plaintes.
Le rapport de l’avocat fait état d’une « perte soudaine et complète de la vision de l’œil droit » signalée par le détenu lui-même. Face à ces allégations, un conseil médical nommé par le gouvernement a, pour sa part, rapporté une amélioration significative de sa vue. Une conclusion « catégoriquement rejetée » par la famille de Khan, notamment sa sœur Aleema Khan, qui exige la présence d’un médecin personnel pour valider tout diagnostic.
Un appel à la dignité et au traitement humain
Dans leur lettre, les anciens sportifs, incluant également Michael Atherton et Steve Waugh, soulignent qu’une personnalité de l’envergure d’Imran Khan mérite d’être traitée avec « la dignité et la considération humaine fondamentale convenant à un ancien dirigeant national et à une icône sportive mondiale ». Ils insistent sur le fait que cet appel est lancé « dans un esprit de sportivité et d’humanité commune », sans préjudice des procédures judiciaires en cours.
Outre les questions médicales, l’isolement de l’ancien Premier ministre est pointé du doigt. Ses partisans et les membres de son parti, le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), ont manifesté récemment pour dénoncer le refus d’accès opposé à sa famille. Ses deux fils, Kasim et Suleman, ressortissants britanniques, se trouvent dans une impasse administrative, leur demande de visa n’étant ni approuvée ni rejetée depuis l’année dernière.
Imran Khan, qui a dirigé le Pakistan de 2018 à 2022 avant d’être destitué par un vote de défiance, reste une figure centrale et polarisante, ses relations avec l’armée et les États-Unis ayant fait l’objet de vives tensions politiques.