Au moins sept personnes ont perdu la vie lors de nouvelles offensives israéliennes ayant visé la banlieue sud de Beyrouth et ses environs. Ces raids aériens interviennent alors que les affrontements terrestres se poursuivent activement dans le sud du Liban.
Selon les données du ministère libanais de la Santé publique, une frappe sur le secteur de Jnah a fait cinq morts et 21 blessés mercredi. Une autre attaque, survenue la veille à Khaldeh, au sud de la capitale, a causé la mort de deux personnes et fait trois blessés. L’Agence nationale de l’information (NNA) a également signalé un bombardement mercredi matin sur le quartier de Hadath, une zone de la banlieue sud largement vidée de ses habitants suite aux ordres de déplacement forcé.
Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, dont les équipes se sont rendues sur le site de Jnah, des sources sécuritaires indiquent que ce raid s’apparente à un assassinat ciblé. L’attaque a visé des véhicules stationnés en bordure de route, à proximité immédiate d’une école servant de refuge à des populations déplacées. L’armée israélienne a officiellement déclaré que l’objectif de cette opération était d’éliminer un haut commandant du Hezbollah. Le groupe armé libanais n’a pour l’heure ni confirmé ni infirmé la mort de ce responsable.
Sur le front terrestre, le Hezbollah a annoncé mercredi que ses combattants étaient engagés dans de violents accrochages avec les troupes israéliennes dans la localité libanaise de Shamaa, située à environ 5 kilomètres de la frontière. Les médias israéliens ont fait état du tir de plus de 40 roquettes par le mouvement chiite vers le nord d’Israël mardi soir. L’armée israélienne a enregistré la mort d’au moins dix de ses soldats depuis le récent regain de tension. Par ailleurs, trois casques bleus de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) ont perdu la vie cette semaine dans le sud du pays.
Le bilan global communiqué par le ministère libanais de la Santé s’élève désormais à plus de 1 200 morts et plus d’un million de déplacés. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré mardi que les habitations des villages libanais proches de la frontière seraient démolies, précisant que 600 000 habitants ayant fui le sud ne seraient pas autorisés à y retourner tant que la sécurité d’Israël ne serait pas assurée. Une directive du Premier ministre Benjamin Netanyahu a par ailleurs ordonné l’élargissement de l’invasion terrestre.
Sur le plan politique interne, le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a formellement interdit les activités militaires du Hezbollah le mois dernier, appelant l’armée régulière à empêcher toute attaque initiée depuis le territoire national. Le groupe armé, soutenu par l’Iran et opérant indépendamment du gouvernement, maintient toutefois son refus de désarmer.