Offensive à Gaza : Des documents inédits chiffrent le contingent français qui combat sous l’uniforme israélien

La guerre menée par Israël dans la bande de Gaza prend une nouvelle dimension internationale avec la publication de données précises concernant la composition de ses troupes. Alors que les opérations militaires se poursuivent depuis octobre 2023, une question juridique et diplomatique émerge quant à la participation directe de citoyens étrangers aux combats. Des documents obtenus via la loi sur la liberté de l’information en Israël permettent désormais de quantifier ce phénomène méconnu.

Selon les éléments relayés par notre confrère Al Jazeera, plus de 50 000 soldats opérant au sein de l’armée israélienne détiennent au moins une autre nationalité. Ces chiffres, communiqués par l’ONG israélienne Hatzlacha, révèlent une forte implication de ressortissants de pays occidentaux. Si les États-Unis arrivent largement en tête avec plus de 12 000 soldats binationaux, la seconde position est occupée par une nation européenne dont le poids diplomatique est majeur dans la région.

**Un contingent français de plus de 6 000 hommes**

Les données partagées par l’avocat israélien Elad Man indiquent que 6 127 ressortissants français servent actuellement sous l’uniforme israélien. Ce chiffre place la France au deuxième rang mondial des pays fournisseurs de troupes binationles, loin devant la Russie (5 067), l’Ukraine (3 901) et l’Allemagne (1 668). Le Royaume-Uni compte pour sa part 1 686 binationaux engagés, tandis que l’Afrique du Sud, pourtant à l’initiative de la procédure pour génocide devant la Cour internationale de Justice (CIJ), voit 589 de ses citoyens impliqués dans les rangs de Tsahal.

Cette présence massive soulève des enjeux juridiques complexes. L’armée israélienne précise que ces chiffres, arrêtés en mars 2025, incluent les réservistes et le personnel actif. Sur un total estimé à environ 634 000 hommes (actifs et réservistes confondus), près de 8 % disposent d’une double ou multiple nationalité.

**Le risque de poursuites judiciaires internationales**

La participation de ces binationaux expose ces derniers à des poursuites hors d’Israël. Ilias Bantekas, professeur de droit transnational cité par la source, rappelle que la double nationalité n’offre aucune immunité en matière de crimes de guerre. La responsabilité pénale individuelle reste engagée, quel que soit le cadre national du soldat.

Des organisations de défense des droits humains s’organisent pour documenter les actes commis sur le terrain. La Fondation Hind Rajab, basée en Belgique, constitue actuellement des dossiers basés sur les publications des soldats eux-mêmes sur les réseaux sociaux (TikTok, Instagram). L’organisation a déjà identifié plus de 1 000 soldats binationaux, dont 12 Français et 12 Américains, visés par une plainte déposée auprès de la Cour Pénale Internationale (CPI).

Le caractère volontaire de l’enrôlement pour les binationaux résidant à l’étranger constitue un facteur aggravant potentiel devant les juridictions nationales de leurs pays d’origine. Des procédures sont déjà en cours en France, en Belgique et en Afrique du Sud, ciblant notamment des membres d’une unité de tireurs d’élite opérant près des hôpitaux de Gaza.

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